Sécheresse vaginale : hydratation et lubrification pour une sexualité épanouie

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 30/03/2016 - 17h31
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Le vagin et la vulve vieillissent eux-aussi et sont tout aussi dignes d’entretien que nos dents tout au long de la vie. Comment ? Par l’hydratation, gage d’une bonne lubrification lors d’un rapport sexuel. Car une femme n’a pas à supporter une sécheresse vaginale et celle-ci ne doit surtout pas la détourner de la sexualité. 

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La sécheresse vaginale, un défaut d’hydratation vulvo-vaginale

La lubrification vulvo-vaginale et l’hydratation sont deux phénomènes indépendants mais intimement liés chez la femme.

  • La lubrification. Sa finalité est de réduire le frottement entre deux éléments en contact et en mouvement l’un par rapport à l’autre. Il s’agit de la production d’un mucus à base d’eau par les muqueuses de la vulve et du vagin, sous l’influence de l’excitation sexuelle.

La vulve est lubrifiée de plusieurs manières : par les sécrétions des glandes dites de Bartholin, situées au niveau du vestibule, à l’entrée du vagin, et des glandes dites de Skene, au niveau de l’urètre, mais surtout par le mucus produit par les glandes sébacées (présentes dans le derme) et sudoripares (qui sécrètent la sueur) des grandes et petites lèvres. Au niveau du vagin, la lubrification proviendra de l’afflux de sang (congestion vasculaire) qui augmente la pression sanguine veineuse et provoque une filtration du plasma à travers la paroi vaginale ; l’on parle du phénomène de transsudation.

  • L’hydratation vulvo-vaginale. Phénomène totalement différent, l’hydratation vulvo-vaginale est la sécrétion en continu d’un mucus au niveau de la vulve et du vagin. Comme la muqueuse vaginale n’héberge pas de glandes, ce sont les glandes et les muqueuses de la vulve qui sécrètent ce mucus, associé à la flore vaginale. Son pH est légèrement acide (autours de 4,5). Lorsque cette hydratation est insuffisante on parle de sécheresse vaginale.

Pas de lubrification en cas de sécheresse vaginale

La lubrification vulvo-vaginale est un phénomène réflexe neurologique sous influence de l’excitation sexuelle alors que l’hydratation vulvo-vaginale est sous le contrôle principal des hormones (estrogènes).

Sans excitation sexuelle il n’y aura pas de lubrification en dépit d’un vagin bien hydraté. A l’inverse, une sécheresse vaginale (un défaut d’hydratation) n’empêche pas de lubrifier, mais ce sera alors a minima.

Pour le Dr Marie Veluire, gynécologue sexologue, « en pratique il est impossible de bien lubrifier lors d’un rapport sexuel -y compris si la femme est très excitée- si le vagin n’est pas suffisamment hydraté. La lubrification passe par les cellules vaginales, or pour que celles-ci lubrifient correctement, il faut qu’elles soient hydratées correctement pour permettre la transsudation et la sécrétion de mucus lors de l’excitation sexuelle ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 30/03/2016 - 17h31

(1) Menopause 2011 ; 19 (11) : 1160-71 ; (2) J Sex Med 2013 ; 10 : 1790-99 ; (3) Bajos N et al. Enquête sur la sexualité en France (Inserm, Ined 2018)

D’après un entretien avec le Dr Marie Veluire, gynécologue sexologue (clinique Caron, Athis Mons) suite à son intervention « Hydratation, lubrification et sexualité féminine » aux 8èmes Assises françaises de sexologie et de santé sexuelle (8-12 avril 2015, La Rochelle)

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