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Sarcopénie: l'âge du déclin

Sarcopénie: l'âge du déclin
Notre corps ne cesse de se transformer au cours de la vie. A la quarantaine, les formes de cette lente métamorphose ne font généralement pas plaisir: les abdos et autres muscles se relâchent et, progressivement, nos performances sportives piquent du nez.

En médecine, ce phénomène s'appelle "sarcopénie", du grec "sarcos" (chair) et "pénie" (disparition). L'expression n'est pas très heureuse dans la mesure où cette fonte musculaire se solde rarement par un amaigrissement. Au contraire, elle coïncide souvent avec une prise de poids. Logique! Le muscle consomme plus d'énergie que la graisse et le remplacement de l'un par l'autre diminue les besoins caloriques. Il faudrait donc manger moins à mesure que l'on avance en âge. Mais, en général, c'est le genre de décision que l'on prend lorsque le mal est fait et qu'un petit ventre pointe déjà sous la chemise!

La force en voie de disparition

Autre conséquence de cette sarcopénie, la force maximale commence à décroître progressivement à la moitié de la vie. L'haltérophile qui soulevait une barre de 100 kilos à 45 ans restera bloqué à 90 kilos dix ou quinze ans plus tard. La baisse moyenne oscille effectivement autour d'1% l'an. Même tableau en ce qui concerne le recul des capacités d'endurance. Statistiquement, on court moins vite et moins longtemps à partir de 35 ans. Là encore, le recul des performances avoisine les 15% par décennie et, un jour, on se surprend très essoufflé après une simple volée d'escaliers. Bref, l'âge participe beaucoup à la régression de nos capacités athlétiques selon un processus naturel et inéluctable lié à la diminution de la production d'hormones et à la modification des équilibres cellulaires. On observe par exemple une diminution du taux de mitochondries dans les cellules. Il s'agit de petits organites chargés d'oxygéner les tissus et d'empêcher la prolifération des radicaux libres. Survient alors un tas de bobos qui touchent le muscle, le cartilage, le tendon, traduisant ainsi une fragilisation générale de l'organisme. Beaucoup d'anciens sportifs se retrouvent poussés sur la touche par des douleurs récurrentes et cette sédentarité soudaine accélère évidemment le processus de sénescence.

Article publié par le 13/05/2003

Sources : Astrand P, Kaare R: Précis de physiologie de l'exercice musculaire, Masson Ed.

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