Revivre après un attentat : les thérapies pour s'en sortir

Publié par Isabelle Eustache : Adaptation : Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 17/09/2002 - 00h00
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Les victimes ou témoins d'un événement traumatisant subissent un choc émotionnel qui peut ébranler l'appareil psychique de facon plus ou moins grave. Dans le cas des attentats, des thérapies adaptées aident à traverser l'épreuve.

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Quelle prise en charge ?

La prise en charge du patient commence par la mise en place d'un accueil au lendemain de l'attentat, dans un milieu sécurisé et calme, avec des entretiens individuels de type psychothérapie ou des groupes de parole pour ceux qui le demandent. " Il nous est arrivé de retrouver une victime dans un square, assise sur un banc, ne sachant plus décliner son identité ", raconte Maya Evrard, spécialisée dans le suivi psychologique des victimes d'attentat*. " Nous intervenons lorsque " l'état de sidération ", ce mécanisme de défense psychologique permettant à la victime de se mettre à distance de l'insupportable, tend à se dissiper " précise-t-elle. Il devient alors possible de recourir à des psychothérapeutes expérimentés et si un trouble phobique (peur de prendre le métro) apparaît et persiste, de proposer l'intervention d'un thérapeute comportementaliste.

Quelle guérison ?

S'agissant de la guérison, qu'elle définit comme un retour à l'état antérieur (capacité de travailler, de vivre normalement), le Docteur Maya Evrard reste plutôt positive et précise que la majorité des victimes retrouvent une vie normale : " Heureusement que chacun de nous est capable de composer avec les quelques horreurs surgissant dans sa vie, même si tout dépend de l'état de la personnalité frappée par l'attentat. " L'expérience démontre toutefois que des séquelles demeurent (anxiété, irritabilité, état phobique, dépression, etc.), parfois sous des formes beaucoup plus gênantes et persistantes. Une récente enquête fait même ressortir qu'une forme d'état dépressif brutal et aggravé toucherait particulièrement les hommes. Cette dépression atypique, très résistante aux thérapeutiques habituelles, confirme le fait que certaines victimes ne pourront jamais se reconstruire sans un accompagnement psychologique approfondi.

(*) Diplômée en Réparation Juridique du Dommage Corporel, prend en charge des victimes au sein de l'Association SOS Attentats.

Publié par Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 17/09/2002 - 00h00 Psychonet Production
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