Qui a peur de l'anesthésie ?

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 23/12/2003 - 00h00
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La peur que ressentent certains patients avant d'être anesthésiés est comparable à celle éprouvée par certains passagers avant de prendre l'avion. Pourtant, ce moyen de transport est beaucoup plus sûr que la voiture !

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Plusieurs facteurs alimentent cette peur de l'anesthésie. Le patient perd le contrôle de sa vie qu'il remet entre les mains de l'anesthésiste pendant l'intervention. Cette peur est légitime car il arrive souvent que le patient ne rencontre pas l'anesthésiste avant l'intervention, contrairement au gynécologue ou au chirurgien. Un autre élément est la méconnaissance de ce qu'est l'anesthésie. La plupart des gens la réduisent à une injection de produits mais ignorent que l'anesthésiste va surveiller leurs paramètres vitaux pendant toute la durée de l'opération.

1846 : un carabin sans expérience

L'anesthésie est une discipline jeune. La première intervention chirurgicale sous anesthésie générale date de 1846. A cette époque héroïque, les médecins expérimentaient des gaz comme le peroxyde d'azote (gaz hilarant) ou l'éther sans comprendre leur action. Avant qu'elle ne devienne une spécialité médicale, l'anesthésie était administrée par un membre peu expérimenté du quartier opératoire, souvent un étudiant en médecine, qui prodiguait une anesthésie à l'éther en respiration spontanée. En cas de problèmes respiratoires, le patient mourait d'asphyxie car la ventilation artificielle n'était pas connue à l'époque. Le surdosage est une des craintes fréquemment exprimées par les patients. En voici un exemple historique. L'attaque de Pearl Harbor lors de la seconde Guerre Mondiale s'est soldée par un nombre important de morts du côté des Alliés, mais on ignore généralement que les efforts pour sauver les blessés ont tué plus que les frappes japonaises, en raison d'un surdosage du Pentothal, utilisé pour la première fois à grande échelle à cette occasion.

21e siècle : un médecin spécialiste

Les anesthésistes sont aujourd'hui des médecins spécialistes. Pour surveiller les paramètres vitaux de leurs patients, ils sont assistés par des appareils de monitoring de plus en plus performants grâce à l'utilisation de l'informatique. Le pouls, le rythme cardiaque, la tension et la pression artérielle sont surveillés en permanence, de même que des éléments plus pointus comme l'oxygénation du sang artériel, de nombreux paramètres respiratoires, ainsi que des paramètres cardiaques complémentaires. Ces machines sophistiquées fournissent aux anesthésistes des données leur permettant de réaliser des anesthésies plus personnalisées et d'adapter les doses anesthésiques au niveau d'endormissement requis par l'intervention. La quantité d'anesthésiques administrés est ainsi réduite de facon drastique.De plus en plus d'anesthésistes rencontrent aujourd'hui leurs patients en consultation bien avant l'intervention afin de pouvoir analyser leurs antécédents familiaux et diminuer ainsi les risques liés à l'anesthésie. A cette occasion, les patients peuvent leur faire part de leurs craintes et de leurs questions.

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 23/12/2003 - 00h00 Communiqué de presse du premier Symposium d'Anesthésie du CHIREC, novembre 2003.
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