• rating
    • rating
    • rating
    • rating
    • rating
    0 avis
  • Consultations (364)
  • Commentaires (0)

Quand les mots soulagent

Quand les mots soulagent
Mettre des mots sur ce que vous ressentez en parlant avec un thérapeute ou en vous confiant à votre journal personnel peut réellement vous aider à vous sentir mieux. Non pas en exacerbant vos émotions mais en anesthésiant votre esprit, comme l'indique une étude psychologique récente.

Amygdale ou cortex préfrontal ventrolatéral?

Au cours de cette étude, publiée dans la revue Psychological Science, les chercheurs de l'University of California ont utilisé la technique de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour surveiller l'activité cérébrale de leurs 30 volontaires.

Ils ont ainsi observé que lorsqu'ils montraient aux personnes enrôlées dans leur étude des photos de visages en colère ou en proie à la peur, cela déclenchait une activité dans une zone du cerveau appelée amygdale, qu'il ne faut pas confondre avec les amygdales du fond de la gorge. L'amygdale de notre cerveau, située à cheval sur les hémisphères droit et gauche, est le centre de contrôle des émotions. Si on la détruit, on supprime toute réaction émotive et, au contraire, si on la stimule, le comportement devient excessif.

Par contre, quand les chercheurs présentaient aux participants des photos en leur demandant de définir l'expression du visage, ils ont observé une réponse nettement plus modérée de l'amygdale. Ils ont pu démontrer que lorsque la personne colle une étiquette sur une émotion, c'est l'activité dans une autre région du cerveau qui est stimulée, en l'occurrence celle du cortex préfrontal ventrolatéral, localisé derrière le front. Cette région est associé à la formulation en mots d'expériences émotionnelles et au traitement des émotions.

Nous sentir mieux

Les scientifiques californiens ont comparé cette réponse différente du cerveau à la conduite automobile: "Quand vous êtes au volant, vous vous mettez à freiner quand vous voyez le feu passer au rouge, de même quand vous mettez des mots sur des sentiments, vous actionnez le frein de vos réponses émotionnelles".
Cette diminution de l'activité de l'amygdale au profit de la stimulation du cortex préfrontal ventrolatéral est en quelque sorte un réflexe de protection involontaire. Il nous arrive d'y recourir, par exemple, quand nous nous sentons triste et déprimé et que nous confions nos états d'âme à notre journal personnel. Quand nous formulons nos émotions, nous ne savons pas que cela va nous aider à nous sentir mieux, nous ne le faisons pas exprès. Mais le résultat est bel et bien là. Il y a donc maintenant une justification scientifique à l'utilisation d'un journal intime, mais aussi au conseil dit et répété, voire rabâché: si quelque chose ne va pas, ne restez pas seul, mais parlez-en autour de vous.

Article publié par le 10/07/2007

Sources : Lieberman, M. Psychological Science, 2007 ; vol 18 : pp 421-428.

Trouvez-vous cet article intéressant ?
 

Pub

VOTRE COMMUNAUTÉ Maladies et troubles psy

Participez aux discussions les plus actives