Quand le deuil se complique

Mise à jour par Coline Wellemans le 10/07/2015 - 14h44
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Perdre un être cher n’est jamais facile. La tristesse, le manque, et parfois l’incompréhension sont des sentiments humains et sont les signes d’une réaction tout à fait normale face au décès d’un proche. Mais il arrive que le deuil se prolonge ou s’intensifie au point d’entraver le quotidien encore longtemps après le décès. On parle alors de deuil compliqué.

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Que signifie deuil compliqué ?

Le deuil compliqué est en fait un terme général pour désigner un deuil persistant et complexe qui dépasse les phases ordinaires du deuil. Ainsi, environ 5 à 15 % des personnes endeuillées resteraient bloquées dans leur processus de deuil et développeraient des complications. Mais parler de deuil compliqué ne signifie en aucun cas qu’un deuil normal soit facile. Le deuil doit être vécu car il permet un réajustement émotif par rapport à la perte d’un proche. Il s’agit d’un processus qui permet d’accepter progressivement le décès et de se détacher de la personne disparue, pour pouvoir ensuite se réinvestir personnellement. Comme pour « boucler la boucle » et revenir à une situation d’équilibre émotionnel.

À quel moment le deuil devient-il « compliqué » ?

Le travail de deuil se vit différemment pour chacun. Il n’y a pas de mode d’emploi ou de lignes directrices. Mais on estime que le deuil devient compliqué ou extrême lorsque la personne s’enlise dans son deuil et reste en quelque sorte coincée dans ce processus. Il y a donc clairement une notion de temps importante pour faire la différence entre le deuil dit normal et le deuil compliqué. Et ce critère de temps peut varier selon les cultures, les âges et les circonstances du décès. Certains experts estiment qu’une fois les premiers anniversaires, les premières fêtes de famille passées, la douleur, la tristesse, le manque ou la colère devraient s’apaiser. D’autres pensent que l’on peut s’attendre à un retour aux activités quotidiennes normales six mois après la perte de l’être cher, tout en vivant ponctuellement des moments plus difficiles.

Initialement publié par Coline Wellemans le 10/07/2015 - 14h44 et mis à jour par Coline Wellemans le 10/07/2015 - 14h44

Sylvia Pinna Puissant, psychologue au centre de prévention du suicide et d’accompagnement « Un pass dans l’impasse », asbl membre de la Fédération belge du deuil. DSM 4 et 5. Wagner, B. et al., Psychologica Belgica, pp. 27 à 32, 2010.

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