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Pubalgie: on a tout essayé

Pubalgie: on a tout essayé
On assiste aujourd'hui à une augmentation vertigineuse du nombre des pubalgies. Elles concernent 10% des joueurs de rugby et 12% des footballeurs et surviennent de plus en plus précocement.

Autrefois, on considérait que les pubalgies étaient l'apanage de joueurs un peu usés par les années de carrière. Aujourd'hui, elles surviennent souvent beaucoup plus tôt et parfois même chez des enfants pré-pubères soumis précocement à des entraînements intensifs. Contre les pubalgies, on a tout essayé - ondes de choc, laser, air froid pulsé, etc. - sans jamais dégager de traitement de référence. L'analyse de tous les articles parus sur la question permet néanmoins d'observer des phénomènes de mode. Dans les années 80, on prônait systématiquement le repos. On le considérait comme la phase essentielle du traitement et devait durer de 6 semaines à 3 mois. Certains auteurs recommandaient même de rester couché le plus possible! Aujourd'hui, on est moins catégorique. On conseille seulement de réduire le volume d'entraînement. Certains praticiens proposent même de jouer le match du week-end sous médicaments. Sans aller jusque-là, on peut légitimement avancer que la pubalgie ne fait que suivre d'autres affections de l'appareil locomoteur comme les tendinites ou les hernies discales, pour lesquelles on s'est rendu compte que l'arrêt de la fonction "gèle" le problème, voire l'aggrave.

Le temps des chirurgiens

Autre innovation majeure: le recours au bistouri s'est banalisé pour des résultats plutôt encourageants si l'on en croit les témoignages de footballeurs vedettes comme Bixente Lizarazu ou Didier Drogba. Les techniques endoscopiques facilitent évidemment le travail: on glisse un petit tube dans l'aine et, sous vidéo-assistance, on répare le petit trou dans le cordage tendineux. Cinq semaines plus tard, le sportif reprend l'entraînement comme si de rien n'était. La méthode est bien rôdée. Pour autant, elle ne constitue pas une garantie de succès. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Le problème resurgit très souvent quelques semaines ou quelques mois après l'intervention. Quant à la rééducation, les avis les plus contraires circulent à son propos. Recommandée par les uns, elle est dénoncée par les autres. Le docteur Busquet résume bien la situation: "On se trouve face à une pathologie où les groupes musculaires travaillent trop. Allons-nous les muscler davantage? " Chaque thérapeute possède son avis sur la question et ses méthodes de références : ostéopathie, Mézières, mésothérapie… On n'y comprenait plus grand-chose jusqu'à la parution de quelques études révélatrices. L'une d'entre elles mesurait la force des adducteurs par dynamométrie au sein d'un groupe de hockeyeurs sur glace. Les auteurs ont constaté qu'une faiblesse à ce niveau constituait un important facteur de risque pour la pubalgie. Dans le cadre d'un autre travail, des chercheurs francais sont parvenus à relier la pathologie à la rupture d'équilibre entre toutes les chaînes musculaires du bassin. La plupart du temps, le pubalgique se présente comme trop cambré, avec des quadriceps puissants mais une faible tonicité abdominale et une rétraction des ischio-jambiers qui n'arrivent pas à tenir le bassin lors de l'appui du pied sur le sol. Sur base de ce constat, on tente de concevoir une rééducation très fine qui tient compte des déficits, des rétractions et des hypertonies pour muscler et étirer ce qui doit l'être. Il s'agit d'un travail de longue haleine et forcément individualisé. L'art médical n'aura probablement jamais aussi bien porté son nom!

Article publié par le 19/04/2005

Sources : Prise en charge chirurgicale des pubalgies du sportif. J. Traumatol. Sport 2004,21, 164?173. La pubalgie du sportif ? Stratégie thérapeutique. J. Traumatol. Sport 2004, 21, 146?163.

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