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Prostatite chronique : dépister ?

Prostatite chronique : dépister ? La prostatite chronique fait souvent suite à des prostatites aiguës qui n'ont jamais complètement guéri. Malheureusement, les symptômes étant peu spécifiques, le diagnostic est délicat. Ce qu'il faut savoir.

Il existe deux types de prostatites : aiguë et chronique. Tandis que la première est généralement due à une infection bactérienne, dont les premiers signes correspondent à des troubles urinaires, la seconde est due à une inflammation importante de la prostate résultant le plus souvent d'une prostatite aiguë insuffisamment soignée et récidivante. Les symptômes sont divers : douleurs inguinales, périnéales, testiculaires ou scrotales, troubles urinaires irritatifs ou obstructifs, impuissance ou douleur lors de l'éjaculation. En revanche, et à l'inverse de la prostatite aiguë, pas de fièvre ni d'altération de l'état de santé général. Face à des signes si peu spécifiques de la maladie, le diagnostic est souvent difficile. Il est également nécessaire de rechercher des épisodes dépressifs ou anxieux, lesquels peuvent être à la fois la cause et la conséquence de la pathologie. En effet, un évènement déclenchant comme un stress ponctuel est très souvent retrouvé chez ces patients.Il faut également oublier l'idée recue selon laquelle les problèmes de prostate ne concernent que les personnes âgées, car les prostatites se manifestent à tout âge, et plus fréquemment chez les hommes de 30 à 40 ans.

Le bilan

Rechercher un événement marquant familial ou professionnel. Le touché rectal est essentiel. Un examen bactériologique, l'ECBU, est également réalisé, même si cette affection n'est pas due à une infection bactérienne dans 90% des cas. Des explorations complémentaires à l'aide de l'imagerie ne seront envisagées qu'en cas d'échec du traitement. Celui-ci passe par la prescription d'antibiotiques (que la prostatite soit bactérienne ou non) et d'anti-inflammatoires. L'efficacité de cette prise en charge de première intention est vérifiée au bout de deux semaines, et poursuivie le cas échéant durant six semaines. Selon des données récentes, une autre catégorie pharmacologique peut être introduite à cette première association, les alpha-bloquants.

Les traitements adjuvants

Certains peuvent améliorer la qualité de vie des patients : phytothérapie, myorelaxants, hormonothérapie, techniques de massage prostatique, hyperthermie. Et enfin, certaines règles hygiéno-diététiques doivent être respectées : éviter l'alcool, la caféine et les épices, ces substances ayant un effet irritant sur cette glande qu'est la prostate. Un soutien psychologique est systématiquement proposé, car cette maladie chronique est longue et difficile à traiter, avec un taux de rechutes important à l'arrêt du traitement.

Article publié par le 11/05/2004

Sources : Le Quotidien du Médecin, 9 avril 2004.

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