Prédire l'avenir grâce à l'IRM

Publié par Gilles Goetghebuer, avec l'aide du Dr Daulouède. le 28/06/2010 - 00h00
-A +A

Quand peut-on s'estimer guéri d'une blessure musculaire? That is the question! Une étude récente permet d'y répondre de manière un peu plus précise grâce à l'IRM.

PUB

Difficile de dire quand on va guérir


L'une des grandes difficultés de la médecine du sport consiste à poser le diagnostic de guérison. Imaginons la situation suivante: un footballeur se déchire un muscle de la cuisse. Il observe un repos d'une semaine suivi de trois semaines de récupération avec des exercices d'intensité progressive. Il ne ressent plus aucune gêne, mais sa blessure est-elle guérie? peut-il reprendre la compétition? C'est la question difficile à laquelle doit répondre le médecin. Car il n'est pas sûr que la cicatrice tiendra. Et si elle lâche, son patient repartira pour une période de repos encore plus longue et courra un risque plus important de séquelles. Dans cette situation, on aimerait bien pouvoir disposer d'un test fiable avant de donner le feu vert de façon absolument certaine et définitive. Une équipe de chercheurs lillois a récemment mis au point une technique pour révéler d'intimes perturbations au sein de la masse musculaire grâce à l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) (1).

IRM, kesaco?


Pour rappel, le principe de l'IRM est de soumettre les tissus à un champ magnétique intense. Chaque molécule réagit alors selon ses spécificités ce qui permet de reconstruire ensuite une image précise de l'intérieur du corps: os, ligaments, tendons, muscles, cartilage. Tout y est! Cet outil extraordinaire est également capable de révéler la présence de cellules inflammatoires et donc d'identifier l'origine de certaines douleurs: une contusion sur un os, un oedème dans la moelle osseuse, une dégénérescence discale, etc. Pour ce qui concerne les blessures musculaires, la grande nouveauté est d'avoir pu analyser les mouvements les plus minimes des molécules d'eau sous l'influence de ce champ magnétique, ce qui a permis de déterminer un paramètre connu sous les initiales ADC (pour "apparent diffusion coefficient"). On définit également ce que l'on appelle la fraction d'anisotropie (FA) en fonction de l'architecture intime du muscle. L'évaluation de ces deux données peut révéler de façon certaine la persistance d'une fragilité musculaire même quand tous les examens habituels (échographie et IRM classique) paraissent normaux. Mieux encore: l'observation attentive de ces deux critères permet d'apprécier la gravité de la blessure et de comprendre pourquoi deux claquages d'apparence identique n'évoluent pas forcément de la même manière. Ainsi le jumeau interne (muscle du mollet) guérit généralement moins vite que les ischio-jambiers (muscles de la cuisse). En banalisant ces outils d'analyse, on pourra d'emblée annoncer la couleur et dire au sportif combien de temps il lui faudra patienter avant de reprendre ses activités.

Publié par Gilles Goetghebuer, avec l'aide du Dr Daulouède. le 28/06/2010 - 00h00 1) Cotten A., Kermarrec E., Moraux A., Budzik J-F (service de radiologie et imagerie musculo-squelettique de l'appareil locomoteur. CHRU Lille) News MRI séquences. Joint Bone Spine, février 2009.
Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
IRM : pour une exploration en douceur de nos artères Mis à jour le 10/02/2002 - 00h00

L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) s'applique dorénavant à l'exploration des vaisseaux sanguins et donne des résultats fiables. Moins traumatisantes que les coronarographies pour les malades et plus facile à mettre en oeuvre, elle pourrait les...

J'aime tes genoux! Mis à jour le 29/03/2005 - 00h00

Près d'un patient sur quatre atteint d' arthrose du genou a eu par le passé une déchirure du ligament croisé antérieur, un des principaux ligaments du genou. Une relation de cause à effet?

Arthrose : électrostimulation des muscles Mis à jour le 02/09/2003 - 00h00

Le traitement de l'arthrose du genou pourrait bientôt s'ouvrir à l'électrostimulation. Cette technique alternative permettrait d'améliorer la force musculaire et les performances physiques, tout en atténuant la douleur.

Le pied des diabétiques mérite toute leur attention Publié le 17/01/2012 - 11h01

Près de la moitié des amputations de la jambe ou de la cuisse concernent des diabétiques . En cause: les infections du pied , auxquelles ils sont plus sujets et qu'ils ne ressentent pas, ce qui les met en danger d' infections très graves. Pourtant, s...

Plus d'articles