Pourquoi faut-il être à jeun avant une anesthésie ?

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 13/10/2017 - 09h16
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Si vous avez déjà eu besoin de vous faire opérer, vous connaissez l'instruction : pas de boisson ni de nourriture à partir de minuit la veille de l'opération.

Savez-vous pourquoi il faut être à jeun avant une anesthésie ?

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Si manger dans les heures qui précèdent une opération chirurgicale est déconseillé, c'est parce qu'il peut arriver, au cours de l'une des étapes de l'anesthésie (induction, entretien de l'anesthésie ou réveil), que le patient régurgite ou souffre de vomissements. Il existe alors un risque grave que le contenu de l'estomac pénètre dans les poumons, ce qui peut obstruer les bronches et brûler leur muqueuse. C'est une complication grave, qui peut mettre la vie en danger.

La prévention de cet accident impose le respect d'un jeûne de 6 heures avant toute opération programmée. En cas d'intervention dans l'urgence chez une personne non à jeun (ou dont le jeûne n'est pas connu), des techniques d'induction de l'anesthésie très spécifiques sont utilisées.

C'est également le cas pour les personnes qui présentent des facteurs de risque.

Accidents d'anesthésie : quels sont les facteurs favorisants ?

Globalement, les facteurs de risque d'accident pendant l'anesthésie correspondent à tous les troubles et à toutes les affections susceptibles de modifier la vidange gastrique :

  • Troubles de la déglutition.
     
  • Antécédent de chirurgie de l'estomac ou de l'oesophage.
     
  • Maladies favorisant le reflux gastro-oesophagien (remontées acides, régurgitations) ou diminuant le tonus du sphincter du bas de l'oesophage.
     
  • Grossesse.
     
  • Syndrome occlusif.
     
  • Diabète.
     
  • Obésité.
     
  • Tabac + alcool.

Assouplissement des 6 heures de jeûne

Si les 6 heures de jeûne avant une opération chirurgicale permettent efficacement de prévenir cette complication grave, le jeûne prolongé peut s'accompagner de perturbations métaboliques et psychologiques, avec notamment un déficit hydrique et une sensation de faim et de soif importante, tout particulièrement chez les enfants très jeunes.

Pour pallier ces inconvénients, on peut dans certains cas obtenir une sorte de dérogation. Si la consommation de tout aliment reste rigoureusement interdite, il est possible d'autoriser la prise de "liquide clair" jusqu'à 2 heures avant l'anesthésie.

Les liquides clairs désignent des boissons ne contenant pas de particule, pas de lipide (pas de lait ni laitage) et pas d'alcool : eau, café, jus de fruits sans pulpe, boissons sucrées non gazeuses.
Chez les enfants de moins de 2 ans, l'équivalent d'une tétée de lait est parfois autorisé jusqu'à 4 heures avant l'anesthésie.

Dans tous les cas, ne prenez jamais l'initiative.
Seul le médecin, l'infirmière ou l'anesthésiste peuvent vous donner les consignes qui s'appliquent à votre cas précis.

Initialement publié par Dr Philippe Presles le 18/03/2008 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 13/10/2017 - 09h16

49e Congrès national de la Société française d'anesthésie-réanimation, communication du Dr Nathan N., Règles du jeûne préopératoire, conférences d'actualisation, octobre 2007.

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