Pour vivre heureux, vivons casqués!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 03/02/2004 - 00h00
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"Lorsqu'on coupe la tête d'un intellectuel, il meurt", écrit fort à propos l'auteur satyrique francais, Francois Cavanna. Et un cycliste qui tombe sur la tête, que risque-t-il?

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L'efficacité du casque n'est plus à démontrer. Les statistiques indiquent que le casque permet de réduire de 70 à 80% le risque de traumatismes. Or, ceux-ci sont souvent dramatiques. Richement vascularisé, le cuir chevelu saigne abondamment à la moindre entaille. Plus grave, les chocs sur la boîte crânienne produisent facilement des commotions, avec perte plus ou moins prolongée de connaissance, accompagnées ou non de fractures osseuses, d'Œdèmes ou d'hémorragies cérébrales.

Ce schéma d'accident est tellement classique qu'en 2003, l'UCI (Union Cycliste Internationale) a décrété le port du casque obligatoire à tous les niveaux de compétition, même chez les professionnels. Plus question désormais de prendre part à une épreuve sans se protéger la tête avec un casque estampillé "normes européennes". Et à l'entraînement? La plupart des cyclistes rechignent à porter le casque. Certains se disent qu'ils seront assez adroits pour éviter la chute. D'autres pensent qu'en dessous de 30 km/h, le casque est superflu. Or, c'est faux!

La tête d'un cycliste juché sur sa machine se trouve environ à plus d'1,60 m du sol, c'est-à-dire plus haut que sur n'importe quelle moto. En cas de chute, il faut compter moins d'une demi-seconde pour que la tête atteigne le sol, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour éviter le choc, d'autant que les pieds sont attachés aux pédales et que l'on tarde généralement à lâcher le guidon. L'impact sur une surface dure (asphalte, trottoir) survient alors à une vitesse de 18 km/h, ce qui représente précisément le seuil limite au-delà duquel on enregistre des lésions cérébrales irréversibles. En outre, ce calcul macabre ne tient compte ni de la vitesse du cycliste ni des obstacles qu'il risque de rencontrer dans sa chute et qui multiplient considérablement la violence du choc.

En absorbant la violence du choc, le casque permet alors de s'en tirer sans trop de mal. Sa qualité première ne doit donc pas être la solidité, mais sa capacité de déformation. En général, il est constitué d'une couche épaisse de polystyrène expansé recouvert d'un plastique dur de protection. Les casques sont aussi très confortables et légers, à peine quelques centaines de grammes, afin qu'on oublie rapidement leur présence. Toutes les conditions sont donc réunies pour favoriser leur diffusion parmi les cyclistes, même auprès de ceux qui, par nature, ont plutôt la tête dure. Elle ne l'est jamais assez!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 03/02/2004 - 00h00
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