Les plantes médicinales ne seront pas interdites…

Article créé le 11/04/2011 - 15h10 et mis à jour par Marion Garteiser le 11/04/2011 - 15h10
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Vous avez sans doute vu passer des pétitions ou des articles alarmistes qui prévoyaient l'interdiction des plantes médicinales pour la fin du mois d'avril. La réalité, comme d'habitude, est un peu plus compliquée que ce que l'on veut bien nous dire.

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Union européenne et plantes médicinales

Il est vrai qu'une directive de la Commission Européenne, qui entre en vigueur à partir du 30 avril, modifie la réglementation sur les plantes médicinales. Mais elle n'est pas, et de loin, la catastrophe que l'on nous promet…

Quel est le but de cette directive?

Elle modifie les règles qui président à la distribution de médicaments dans l'Union. Ces règles sont très restrictives – tout médicament mis sur le marché doit avoir fait preuve scientifique de son innocuité et de son efficacité, ce qui est un processus extrêmement long et coûteux. Il semblait inopportun de soumettre les plantes médicinales traditionnelles (calendula, échinacée, menthe, hamamélis et compagnie), consommées par les Européens depuis des centaines d'années, à la même réglementation; c'est pourquoi une directive avait été adoptée en 2004.

Que prévoit cette directive? Pour les plantes médicinales, les preuves d'efficacité et d'innocuité pourront être remplacées par une documentation qui montre que les plantes en question ne font pas de mal quand elles sont consommées dans des conditions normales, et que leur efficacité est plausible du fait de la durée de leur utilisation. Les différents pays membres sont libres de demander plus d'informations sur certains produits. Les producteurs de ces plantes avaient sept ans pour se procurer cette documentation, à partir de mars 2004. La deadline est donc la fin du mois d'avril 2011, d'où les réactions d'aujourd'hui.

Quel est le problème? Pour les opposants à cette directive, le coût de l'obtention des documents nécessaires reste trop élevé pour de nombreux petits producteurs. Par ailleurs, la directive ne vaut que pour les plantes médicinales traditionnelles qui sont utilisées depuis plus de 30 ans, dont 15 ans en Europe. Les médecines traditionnelles qui ont été introduites récemment sur nos marchés ne peuvent donc pas en bénéficier.

Qu'arrivera-t-il aux plantes médicinales pour lesquelles la documentation nécessaire n'aura pas pu être réunie?

Elles pourront toujours être mises en vente, mais seulement en tant que compléments alimentaires. Leurs allégation santé, leur efficacité et leur innocuité devront correspondre à une autre législation, beaucoup moins dure.

Quoi qu'il en soit… On peut trouver que les exigences auxquelles les producteurs de plantes médicinales restent trop élevés. Mais il faut tout de même bien constater que la législation européenne est bien loin d'un instrument aux mains de la "mafia des pharmaceutiques" qui voudrait nous interdire de nous soigner de manière naturelle… Le débat sur la place des médecines alternatives mérite mieux que cela.

Billet initialement publié le 11/04/2011 - 15h10 et mis à jour par Marion Garteiser le 11/04/2011 - 15h10
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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