Peu de poisson, gros effets pour le coeur ?

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 06/09/2005 - 00h00
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Les effets positifs du poisson pour la santé du cŒur sont bien connus. Mais de manière surprenante, il ne faut pas nécessairement en manger de grandes quantités pour soulager nos artères…

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Ce n'est pas un scoop, le Belge est un petit mangeur de poisson : avec 9,9 kg par personne et par an, il se révèle bien moins friand que le Portugais (60 kg/an), l'Italien (23 kg/an), le Francais (26kg/an), le Hollandais (14.5 kg/an), le Norvégien et l'Espagnol (40 kg/an pour ces deux derniers). Le record mondial appartient néanmoins aux Japonais : près de 71 kg/personne/an !Sur une base hebdomadaire, pour le Belge, cela représente environ 180 g. Est-ce insuffisant pour observer des effets santé ? Pas forcément, comme le démontre une étonnante étude grecque.

Le coeur noie le poisson

Des chercheurs de l'Université d'Harokopio, à Athènes, ont passé à la loupe la consommation de 848 individus ayant développé des formes diverses de syndrome coronarien aigu (des signes regroupant l'infarctus du myocarde ou l'angine de poitrine). Ils ont ensuite confronté ces données à celles de 1078 sujets semblables, mais en bonne santé.Verdict : la consommation de poisson abaisse de 38 % le risque de développer ce type de maladies. Cet effet cardioprotecteur est visible également chez le fumeur (-11%) et chez le diabétique (-24%), deux groupes particulièrement à risque de maladies cardiovasculaires.Plus curieuse est toutefois la dose hebdomadaire à consommer pour obtenir ce bénéfice apparent : moins de 150 g ! Au-delà, la protection semble s'atténuer comme s'il existait un effet seuil au-dessus duquel le poisson n'agirait plus…Voilà de quoi rassurer un peu le Belge ? Oui, peut-être, mais ces résultats doivent être relativisés, car ils ne donnent aucune information sur le type de poisson à manger et, surtout, la manière de le cuisiner. Or, ces détails auraient leur importance !

Cuit, grillé, mais pas frit et sans mayonnaise !

Récemment, une étude américaine s'est penchée sur la question, non pas à propos du risque cardiaque, mais bien du risque de développer un accident vasculaire cérébral (AVC). Ses résultats obtenus auprès de 5000 personnes suivies pendant 12 ans sont assez révélateurs : une consommation de poisson cuit à l'eau ou grillé de l'ordre de 2 à 3 fois par mois réduit le risque d'AVC de 14 %.Si cette consommation s'élève maintenant entre 1 et 4 fois par semaine, la protection grimpe à 28%. En revanche, si la consommation de poisson s'effectue principalement sous la forme de poisson frit (le fameux " fish stick ") ou de sandwich type " thon mayonnaise ", on observe une augmentation du risque de près de 37 % !

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 06/09/2005 - 00h00 - Panagiotakos DB Int J Cardiol. 2005;102(3):403-9. - Mozaffarian D et coll. Arch Intern Med 2005 ;165 :200-206
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