PET scan contre scanner

Publié par Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 20/12/2001 - 00h00
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Dans la recherche de tumeurs cancéreuses, le PET scan (ou P.E.T. acronyme pour Positon Emission Tomography, Tomographie par Emission de Positons en francais) se révèle bien plus performant comparé à toutes les autres techniques actuellement employées, dont le scanner classique. Y recourir systématiquement représenterait un véritable atout pour les patients mais risque aussi d'augmenter les coûts et peut-être l'attente des patients…

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Depuis une vingtaine d'années, le scanner, ou Tomodensitométrie, a révolutionné le monde de l'imagerie médicale et permis des progrès considérables dans le traitement des maladies. Les évolutions successives du matériel ont amélioré la qualité des images et la rapidité de l'examen. Les scanners actuels permettent de naviguer très précisément dans tous les organismes du corps humain et d'obtenir des images en coupe, jusque là inaccessibles.

Une technique performante trop peu utilisée

Le PET scan, ou TEP, est un autre système d'imagerie plus récent, non plus basé sur les rayons X, mais sur l'émission de positons. De très haute valeur informative, il permet des études fonctionnelles. Malheureusement, cette technique très intéressante, notamment dans la recherche de métastases cancéreuses, reste limitée à certains centres de recherche et à quelques hôpitaux en raison de sa complexité et de son coût. Pourtant, la validation tant scientifique qu'économique de cet appareil est aujourd'hui bien argumentée. Bien plus performant que tous les autres examens pour la détection des tumeurs, le PET scan est par exemple systématiquement utilisé en Allemagne dans cette indication. En France, on pratique encore de nombreux examens (scanner, dosages de marqueurs, autres imageries …) qui finalement reviennent très chers, et plus grave, ils mènent parfois à un doute dans le diagnostic, d'où une prescription importante de chimiothérapie. En Europe, il semblerait que la Belgique soit le pays le mieux équipé.

Une supériorité prouvée en cancérologie

Une nouvelle étude vient argumenter la supériorité du PET scan comparé au scanner traditionnel, dans le cadre du diagnostic des tumeurs du pancréas. Elle a permis de suivre 57 patients suspectés d'être atteints d'une tumeur cystique pancréatique. Tous ont subi un scanner classique, un PET scan et un dosage de marqueurs. Le PET scan a détecté une tumeur chez 16 d'entre eux, contre 12 avec le scanner et, parmi les 39 tumeurs bénignes, une seule a été diagnostiquée comme maligne avec le PET scan contre 5 avec le scanner conventionnel. Le PET scan est donc d'un pronostic bien plus performant. Nous sommes assez privilégiés en Belgique car nous sommes probablement le pays possédant le plus d'appareils de PET Scan au kilomètre carré et par habitant. L'actualité nous a rappelé que le Ministre Vandenbroucke avait pris la décision de réduire le nombre de ces appareils chez nous. Il est vrai que le coût de l'examen est plus élevé qu'un autre examen en imagerie et que peut-être les hôpitaux ont eu tendance à favoriser la prescription de cet examen pour des questions de rentabilité. N'empêche qu'il reste très performant. Et même si ce n'est pas d'argent dont il s'agit, les files de patients s'allongent aujourd'hui devant les salles d'attente pour passer cet examen. Résultat : on risque de prendre un retard considérable dans le diagnostic de certains cancers où, on le sait, le traitement doit souvent être instauré le plus tôt possible, sous peine de diminuer les chances de guérison…

En réduisant le nombre de centres d'examens, la décision ministérielle ne risque pas d'améliorer les choses. Il suffirait peut-être d'un peu de bon sens de chacun en maintenant d'une part le nombre d'appareils aujourd'hui disponibles mais en limitant la prescription aux patients qui en ont réellement besoin.Site Fédération Belge contre le Cancer

Publié par Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 20/12/2001 - 00h00 Pasquali, Ann. Surg., 234 : 675-680, 2001.
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