Perte de mémoire

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En effet, à partir de 65 ans, le cerveau perd de sa capacité d'emmagasiner les nouvelles informations. Ainsi, la personne âgée peut oublier le nom des gens qu'elle vient de rencontrer ou ce qu'elle a mangé il y a quelques heures, mais elle se souviendra parfaitement des événements qui ont marqué sa vie.
En dehors de ces phénomènes normaux, il y a les pertes de mémoire anormales, qui perturbent la vie quotidienne. Habituellement, ces absences touchent aussi les autres capacités intellectuelles - le langage, le savoir-faire et les fonctions dites d'exécution (capacité d'organisation, de planification et d'autocorrection) -, comme :

  • oublier le mot juste, raccourcir ou simplifier ses phrases ;
  • ne plus savoir manipuler le four à micro-ondes ou la télécommande du téléviseur ;
  • ne plus se souvenir dans quel ordre employer les ingrédients de sa recette favorite ;
  • oublier comment dresser sa liste d'épicerie ;
  • ne pas s'apercevoir de ses propres déficiences.

Si l'atteinte ne perturbe pas trop le fonctionnement de la personne, on parlera de déficience cognitive légère ou encore de troubles de mémoire isolés. Si l'atteinte est plus grave (p. ex. oublier comment s'habiller, se laver, etc), elle sera alors qualifiée de démence.

Déficience cognitive légère (troubles de mémoireisolés)

  • Médicaments. Certains somnifères et tranquillisants, en "endormant le cerveau", peuvent nuire à la réception et à la transmission des informations.
  • Dépression nerveuse et angoisse. Ces troubles perturbent le fonctionnement général quotidien. De plus, il est plus difficile de retenir les informations lorsqu'il y a perte d'attention ou de motivation.
  • Hypothyroïdie. Le fonctionnement insuffisant de la glande thyroïde peut ralentir les fonctions intellectuelles. Outre les troubles de mémoire isolés, cette maladie se manifeste notamment par un manque d'appétit, de la fatigue chronique, une faiblesse musculaire, de la constipation, une intolérance au froid, une peau sèche et rugueuse, une voix rauque et des cheveux cassants.
  • Lésions cérébrales. Les accidents vasculaires cérébraux et les tumeurs au cerveau risquent d'endommager les neurones responsables des fonctions intellectuelles.

Démence

  • Maladie d'Alzheimer. Cette maladie dégénérative, dont l'origine est mal connue, touche surtout les personnes âgées : 5 % des 65 ans et plus, 25 % des 85 ans et plus. L'hérédité semble jouer un rôle dans cette démence qui, habituellement, se traduit par un changement de personnalité. Les risques de développer la maladie d'Alzheimer sont de deux à quatre fois plus élevés s'il y a des cas dans la famille immédiate (parents, frères et soeurs).
  • Démence vasculaire (artériosclérose cérébrale). Il s'agit d'une maladie dégénérative due à de petites hémorragies (saignements) ou thromboses (caillots) qui endommagent le cerveau. Ce type de démence survient surtout chez les personnes âgées qui souffrent d'hypertension artérielle, de diabète ou de maladie cardiaque. Selon la localisation de la lésion cérébrale, des symptômes tels qu'une difficulté à parler, la perte de la sensibilité dans un bras ou une jambe, etc peuvent se manifester.
  • Petits trucs pour limiter les oublis. Si vous avez souvent des pertes de mémoire, prenez quelques bonnes habitudes : mettez toujours vos clés à la même place ; apprenez à noter ce que vous ne voulez pas oublier; donnez-vous des points de repère (pour retrouver votre voiture dans un terrain de stationnement, par exemple) ; parlez-vous à voix haute ("Je ferme toutes les lumières en quittant la maison") ; etc.
  • Apprendre à se détendre. Le stress et les préoccupations quotidiennes peuvent nuire à la mémoire. Réservez-vous des moments de détente chaque jour.
  • Garder le cerveau en forme. Les découvertes les plus récentes montrent qu'une activité intellectuelle soutenue tout au long de la vie pourrait aider à protéger de la maladie d'Alzheimer. Lisez beaucoup, faites des mots croisés, jouez au Scrabble... bref, nourrissez votre cerveau !
  • Faire de l'exercice physique. Certaines recherches indiquent que l'activité physique peut aussi stimuler la mémoire. Adoptez une activité (vélo, natation, marche, etc.) et pratiquez-la au moins trois fois par semaine, à raison de 20 minutes chaque fois.
  • Mieux vaut prévenir que guérir. Pour prévenir la démence vasculaire (l'artériosclérose cérébrale), le dépistage et le traitement de l'hypertension artérielle et du diabète s'avèrent très importants.
  • Consulter régulièrement un médecin. Les personnes qui souffrent de déficience cognitive légère (troubles de mémoire isolés) devraient être suivies annuellement par un médecin pour détecter une évolution possible vers la maladie d'Alzheimer.
  • Demeurer attentif au comportement des personnes âgées. Habituellement, une personne âgée présentant des pertes de mémoire anormales ne s'en aperçoit pas. Emmenez-la consulter un médecin et n'hésitez pas à l'accompagner lors de ses déplacements et de ses activités.
  • Prendre des dispositions légales. Tout le monde devrait prendre des dispositions pour protéger ses proches et pour se protéger soi-même d'une éventuelle inaptitude. Pour cela, on doit remplir un mandat d'inaptitude, que l'on peut se procurer gratuitement dans les cabinets d'avocats et de notaires. Cette démarche consiste à déléguer à une personne que vous avez choisie la responsabilité de gérer vos biens ou votre personne au cas où, pour une raison ou pour une autre, vous deviendriez incapable de le faire.
  • Demander l'assistance de la curatelle. Si l'un de vos proches a la maladie d'Alzheimer ou une démence vasculaire, vous devez prendre des dispositions légales quant à l'administration de ses biens. S'il avait auparavant rempli un mandat d'inaptitude, il faudrait le faire homologuer, c'est-à-dire le faire valider auprès d'un juge. Faute de ce document, vous pourrez demander la mise en place d'une curatelle (régime d'assistance juridique pour personnes inaptes à gérer leurs biens). Informez-vous auprès d'un avocat ou d'un notaire.
  • Chercher de l'aide extérieure. N'hésitez pas à prendre contact avec la Société Alzheimer de votre région. Vous y trouverez soutien et conseils.
  • Vous avez des pertes de mémoire qui perturbent votre fonctionnement quotidien.
  • Vos autres fonctions intellectuelles sont atteintes (langage, savoir-faire, etc.).
  • Les troubles de mémoire isolés se manifestent de plus en plus souvent.

Avant de diagnostiquer une maladie dégénérative, le médecin aura écarté toute possibilité de trouble physique ou mental qui affecterait les fonctions intellectuelles et qui serait potentiellement curable. Il n'existe pas de tests spécifiques pour les maladies dégénératives. Elles se diagnostiquent par une série de critères, après une évaluation médicale et, le cas échéant, par des tests sanguins ou radiologiques. Une évaluation neuropsychologique plus détaillée est aussi parfois requise.

Déficience cognitive légère (troubles de mémoire isolés)

  • Dans tous les cas, les activités intellectuelles et physiques régulières peuvent avoir des effets bénéfiques.
  • Médicaments. La liste des médicaments sera examinée et, au besoin, modifiée afin d'améliorer le fonctionnement cognitif.
  • Dépression nerveuse et angoisse. Le médecin pourra prescrire des antidépresseurs, souvent associés à du repos. Habituellement, la mémoire et les autres fonctions intellectuelles retrouvent toutes leurs capacités.
  • Hypothyroïdie. Le traitement consiste en une hormonothérapie de substitution des hormones thyroïdiennes. La récupération de la mémoire dépend de la précocité du traitement et du degré de l'atteinte.
  • Lésions cérébrales. Un accident vasculaire cérébral ou une tumeur au cerveau nécessitent un traitement spécifique. Selon la gravité de la lésion, les pertes de mémoire peuvent persister, diminuer ou disparaître avec l'aide de la rééducation (orthophonie, ergothérapie, etc.).

Démence

  • Maladie d'Alzheimer. Actuellement, trois médicaments sont sur le marché pour retarder la progression de la maladie lorsqu'elle en est à un stade léger ou modéré. Il s'agit du donépézil (Aricept), de la rivastigmine (Exelon) et de la galantamine (Réminyl). Le choix du produit repose sur les effets bénéfiques constatés et sur la tolérance aux effets secondaires. Comme ces médicaments sont encore récents, leur impact à long terme et dans les formes graves de la maladie est moins connu. D'autres produits prometteurs sont en cours d'expérimentation.
  • Démence vasculaire (artériosclérose cérébrale). Il faut d'abord traiter de façon optimale l'hypertension artérielle et le diabète. De plus, les médicaments utilisés pour la maladie d'Alzheimer semblent être efficaces dans la démence vasculaire.
Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19415" hreflang="fr">Dr Réjean Hébert, Gériatre, Institut Universitaire de Gériatrie de Sherbrooke</a> le 25/07/2005 - 02h00

Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005

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