Perte du goût et de l'odorat

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Dans 85 % des cas, la perte totale de l'olfaction (anosmie) s'accompagne d'une perte du goût. Mais il peut arriver que seul l'odorat diminue de façon importante (hyposmie), que l'on ait une sensation réelle ou hallucinatoire de mauvaise odeur (cacosmie objective ou subjective) ou encore que l'appareil nasal sente une odeur qui n'existe pas (phantosmie). Il arrive également que seul le goût soit perdu ou altéré (goût métallique ou désagréable). Les troubles du goût et de l'odorat affectent la sécurité et la qualité de vie. Il en résulte une incapacité à reconnaître les odeurs de brûlé, de gaz ou de nourriture avariée, une diminution de la libido et, parfois même, un état dépressif, sans oublier la perte de saveur des aliments et la difficulté à cuisiner.

Anosmie (perte totale de l'odorat) et hyposmie (diminution de l'odorat)

  • Infections, telles que le rhume, la grippe et la sinusite. Les infections sont les causes les plus fréquentes.
  • Inflammations des fosses nasales, telles que l'allergie respiratoire, la rhinite aiguë ou chronique, la polypose nasosinusale (formation de polypes - amas de tissus - dans les voies nasales).
  • Traumatisme crânien pouvant sectionner les nerfs olfactifs, qui se trouvent entre le nez et le cerveau.
  • Intervention chirurgicale au cerveau.
  • Certains médicaments, tels que la codéine, la morphine, la tétracycline, le méthotrexate, le clofibrate et autres, et certains traitements médicaux, tels que la radiothérapie cervicale, la chimiothérapie et l'hémodialyse.
  • Atteintes neurologiques, telles que la maladie d'Alzheimer, les tumeurs des voies et des centres olfactifs, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique.
  • Diabète et grossesse. Chez les diabétiques, les dommages neurologiques peuvent endommager les nerfs de l'olfaction. Chez les femmes enceintes, la congestion nasale peut entraver la fonction olfactive de façon passagère. Dans leur cas, les choses reviennent à la normale après la grossesse.
  • Inhalation de produits toxiques, tels que le tabac, le gaz naturel, la poussière de ciment, le goudron, l'essence, le plomb, le zinc, le dioxyde de soufre, le chrome, etc.
  • Vieillissement, surtout à partir de 80 ans.
Cacosmie objective (sensation réelle de mauvaise odeur)
  • Corps étranger dans les voies nasales.
  • Infections bactériennes.
  • Tumeurs nasales nécrotiques surinfectées (bénignes ou malignes). Les tumeurs manquent d'oxygène, s'infectent et détruisent les tissus.
  • Atrophie chronique de la muqueuse nasale (ozène) s'accompagnant de croûtes brunes qui tapissent les parois des fosses nasales.
Cacosmie subjective (sensation hallucinatoire de mauvaise odeur) et phantosmie (odeur qui n'existe pas, agréable ou non)
  • Troubles mentaux, tels que l'hystérie, la psychose, la schizophrénie, l'hypocondrie, l'anxiété.
  • Lésion ou tumeur cérébrale.
  • Epilepsie.
Perte ou altération du goût seulement
  • Problèmes dentaires - tels qu'une carie, une gingivite, une parodontite -, les prothèses dentaires, les obturations, les amalgames et une mauvaise hygiène dentaire.
  • Infections ou maladies, telles que l'otite moyenne, le diabète, une affection parasitaire caractérisée par la formation de champignons sur les papilles gustatives, les infections de l'appareil respiratoire, l'anémie ou une tumeur sur les nerfs de la gustation.
  • Certains médicaments et traitements médicaux, tels que les antibiotiques, la radiothérapie et la chimiothérapie.
  • Tabagisme et alcool. Ils peuvent endommager les papilles gustatives.

  • Attendre. Si vous souffrez d'un rhume, d'une grippe ou d'une sinusite, les choses devraient rentrer dans l'ordre en l'espace d'une dizaine de jours au maximum.
  • En cas de congestion nasale. Si vous avez le nez congestionné, des décongestifs à action rapide sous forme de comprimés libéreront vos sinus. Vous pouvez également vaporiser des gouttes de solution saline dans vos narines (à éviter si vous souffrez d'hypertension artérielle, car le sel peut faire monter la tension artérielle). Un taux d'humidité entre 40 % et 50 % aide à soulager la congestion nasale; un air ambiant trop sec fait dessécher les sécrétions. Par contre, s'il est trop humide, il favorise le développement des acariens de la poussière. Les douches à l'eau chaude aident également à décongestionner le nez.
  • Ne pas utiliser les décongestifs en vaporisateur plus de cinq jours. Si les décongestifs sont utilisés sur une base constante, le nez finit par s'obstruer de nouveau au bout de quelques heures, voire quelques minutes, provoquant une dépendance au médicament (rhinite médicamenteuse). À cause de leurs effets secondaires, ces décongestifs sont également déconseillés chez les hypertendus, les diabétiques et les cardiaques.
  • En cas d'allergie respiratoire. Des antihistaminiques, sous forme de sirop ou de comprimés, permettront de réduire l'inflammation des voies nasales.
  • Porter un masque. Si vous travaillez avec des produits chimiques, portez toujours un masque afin de prévenir les dommages aux nerfs olfactifs.
  • Installer des détecteurs de fumée. Si vous ne pouvez plus vous fier à votre odorat, les détecteurs de fumée deviennent vos plus précieux amis. Installez-en plusieurs dans la maison (surtout dans la cuisine, le couloir et le sous-sol) et vérifiez les piles régulièrement.
  • Une hygiène personnelle encore plus soignée. Pour éviter les embarras, redoublez d'attention envers votre hygiène corporelle. Voyez aussi votre dentiste, qui pourra procéder à un examen de vos dents et évaluer votre hygiène dentaire.
  • Demander de l'aide. Vous avez perdu le sens du goût ou de l'odorat, ou les deux : vos activités quotidiennes en sont affectées. Faites-vous aider. Par exemple, demandez l'avis de votre conjoint ou d'un ami lorsque vous vous parfumez. Faites-lui assaisonner les plats cuisinés et vérifier la fraîcheur des aliments (fiez-vous aussi à la date de péremption).
  • Épicer davantage ses plats. Lorsqu'on est privé de goût ou d'odorat, les aliments perdent pratiquement toute saveur. N'hésitez pas à relever davantage vos propres plats : poivre, herbes, épices, moutarde, jus de citron, etc. (Mais attention au sel si vous souffrez d'hypertension.)
  • S'abstenir de fumer. Le tabac cause des dommages parfois irréversibles aux nerfs sensitifs de l'odorat et du goût.

  • Votre congestion nasale dure depuis plus de 10 jours.
  • Votre odorat a diminué (sans qu'il y ait de congestion nasale).
  • Vous sentez continuellement de mauvaises odeurs.
  • Vous avez des hallucinations olfactives.
  • Vous ne percevez plus le goût de la nourriture.

Le médecin tentera d'établir l'origine et la gravité de la perte du goût ou de l'odorat. Il procédera donc à un examen de la cavité nasale à la recherche de troubles mécaniques ou physiologiques. Il examinera également la cavité buccale et la gorge afin de vérifier les amygdales (des débris alimentaires peuvent s'accumuler dans les cavités et donner un mauvais goût dans la bouche) et il effectuera un examen neurologique pour s'assurer qu'il n'y a pas d'atteinte des nerfs crâniens. Une vérification de l'appareil digestif est aussi indiquée, car les gens qui ont des régurgitations ont souvent un mauvais goût dans la bouche. Des tests d'allergie, une tomodensitométrie des sinus et une formule sanguine constituent les principales investigations de base. L'olfactométrie (test pour détecter certaines odeurs) est parfois nécessaire pour préciser le diagnostic.

Anosmie et hyposmie

  • Infections ou inflammations. Elles seront traitées par des antibiotiques ou des médicaments à base de cortisone (en vaporisateur nasal, notamment). Dans ce cas, le goût et l'odorat sont rapidement retrouvés.
  • Polypose nasosinusale. L'administration de cortisone par voie orale rétablit habituellement l'odorat dans les 72 heures. Sinon, l'intervention chirurgicale visant à enlever les polypes, avec ou sans corticothérapie, peut aider à maîtriser l'affection. Notons toutefois que la polypose nasosinusale est chronique et exige un suivi régulier, car elle a fortement tendance à récidiver.
  • Traumatisme crânien ou intervention chirurgicale au niveau du cerveau. Comme les nerfs crâniens de l'odorat ne se régénèrent pas, les personnes qui ont subi un traumatisme crânien ou une intervention neurologique ne doivent guère espérer retrouver leur odorat si celui-ci n'est pas revenu au bout de six mois.
  • Médicaments et traitements médicaux. Les choses rentrent ordinairement dans l'ordre à la fin du traitement.
  • Maladie neurologique ou diabète. La récupération est rarement possible, car les dommages sont habituellement trop graves.
  • Inhalation de produits toxiques. La perte de l'odorat des suites de l'inhalation de produits toxiques n'est malheureusement pas toujours récupérable; tout dépend de la gravité de l'atteinte. C'est pourquoi, dans les milieux industriels où l'on utilise des produits dangereux (le gaz naturel, par exemple), les travailleurs ayant perdu l'odorat doivent être identifiés afin qu'on les équipe de moyens de détection des vapeurs nocives.
  • Diminution de l'odorat (hyposmie). Pour l'hyposmie sans problème médical apparent, on peut s'attendre à retrouver l'odorat un an ou deux après l'apparition de la perte de ce sens. La cortisone peut apporter une certaine amélioration.
Cacosmie objective Généralement, les infections bactériennes répondent bien aux antibiotiques et les choses rentrent dans l'ordre. Une chirurgie est pratiquée pour enlever les tumeurs nasales nécrotiques. Dans les cas d'atrophie chronique de la muqueuse nasale, des onguents à base d'hormones sont utilisés pour diminuer la formation des croûtes purulentes. Cacosmie subjective et phantosmie Les médicaments aident habituellement à maîtriser les symptômes des troubles mentaux et de l'épilepsie. En cas de lésion ou de tumeur cérébrale, on entreprend le traitement adéquat et la récupération des sens dépend alors de la gravité de l'atteinte. Perte ou altération du goût seulement De façon générale, le traitement des troubles dentaires, des infections ou des maladies, la maîtrise du diabète, la fin de la médication et des traitements contre le cancer permettent de régler le problème. Pour ce qui est du tabagisme et de l'alcool, la récupération du goût dépendra de la gravité des dommages infligés aux papilles gustatives.
Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19353" hreflang="fr">Dr Pierre Sainte-Marie, Oto-rhino-laryngologiste, Hôpital du Sacré-Coeur, Montréal</a> le 01/08/2005 - 02h00 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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