Perte du désir sexuel

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Les mécanismes qui mènent au désir sexuel diffèrent pour l'homme et pour la femme. Contrairement au désir mécanique et automatique des hommes, directement associé aux grandes quantités de testostérone fabriquées par le corps masculin, le désir sexuel d'une femme n'est pas fondamentalement biologique. Son corps libère une quantité tellement faible de testostérone que son désir naît plutôt d'un environnement qui favorise l'affection, la communication, la sécurité et la tranquillité d'esprit.

Au moins une personne sur trois qui consulte pour un problème sexuel expérimente une perte de désir. Ce manque d'intérêt pour l'activité sexuelle s'accompagne généralement d'autres facteurs :

  • Mauvais fonctionnement du système nerveux parasympathique : l'excitation et le désir, pour la femme comme pour l'homme, dépendent du bon fonctionnement du système nerveux parasympathique, qui n'est pas le centre du désir, mais plutôt celui du repos. Une personne ne peut ressentir une excitation ou un désir sexuel sans qu'une certaine activation de son système nerveux parasympathique ne soit en cause. C'est pourquoi les gens fatigués ont souvent peu d'intérêt pour l'activité sexuelle.
  • Stress : la perte de désir peut se révéler la conséquence de nombreux facteurs de stress aussi variés qu'une enfance difficile, le manque de temps, une grossesse, une maladie ou une opération.
  • Vieillissement : les changements hormonaux provoqués par le vieillissement entraînent inévitablement une diminution du désir sexuel, surtout après 80 ans.
  • Certains médicaments : les médicaments d'utilisation courantes tels que les bêtabloquants et certains nouveaux antidépresseurs qui agissent sur les neurotransmetteurs du cerveau peuvent avoir comme effet de diminuer le désir sexuel.
  • Inhibition sexuelle : des chocs traumatiques — un viol par exemple — peuvent inhiber le désir sexuel. D'autres facteurs socioculturels, tels que l'éducation et la religion, entraînent aussi parfois l'inhibition des pulsions sexuelles.

  • Savoir se détendre. Modifiez vos habitudes quotidiennes, par exemple pendant les vacances, en prolongeant vos repas, en acceptant de ne rien planifier et en étant plus détendu. Vous serez ainsi plus réceptif aux activités sexuelles. Ces temps de calme où le métabolisme est bas, où la respiration se fait lente, permettent la naissance du désir. À défaut de prendre souvent des vacances, attribuez-vous deux périodes de relaxation par jour, à raison de 20 minutes chaque fois.
  • Montrer son affection sans arrière-pensée. Un baiser sur la joue ou sur les lèvres, un toucher du bras ou de l'épaule marquent et entretiennent vos sentiments réciproques. Les conjoints devraient se prouver chaque jour qu'ils tiennent l'un à l'autre, en sachant que ces démonstrations d'affection ne sont pas obligatoirement une invitation aux relations sexuelles.
  • Rompre le quotidien. Avec votre conjoint, laissez derrière vous, à l'occasion, les soucis de la vie quotidienne. Le fait de consacrer du temps à votre couple favorise la communication et laisse place à la montée du désir. Même si ce n'est pas toujours facile, réservez-vous, avec votre partenaire, une période de la journée où vous ne serez dérangés par rien ni personne.
  • Apprendre à apprécier les caresses non génitales. Un élément important de la montée du désir réside dans l'éveil du système sensoriel. Les hommes gagneraient à développer leurs sens, à accorder de l'attention à l'ensemble du corps de leur conjointe et non à ses seules parties génitales, une habitude qui irrite les femmes et peut devenir source de tension entre les deux partenaires. Cesser toute activité génitale pendant une, deux ou trois semaines pour ne s'intéresser qu'aux caresses non génitales contribue à accroître le désir.
  • Garder la forme. La santé et la forme physique contribuent à entretenir une sexualité épanouie. Le sport et les activités qui éveillent les sens peuvent se révéler de troublants préludes à la sexualité. Par exemple, vous faites du ski, vous revenez au chalet en ayant légèrement froid et vous plongez dans une baignoire dont l'eau est agréablement chaude. Non pas que faire du ski et se tremper dans l'eau chaude soient des activités sexuellement excitantes en soi, mais, combinées, elles font appel à vos sens et prédisposent votre corps vers une capacité d'excitation plus grande.
  • Ne pas redouter ses fantasmes. Les fantasmes occupent une place dans l'imaginaire de tout être humain. Vivre à deux ne vous condamne pas à cesser de fantasmer sur des créatures de rêve ou sur un hypothétique partenaire. Il est naturel que vous imaginiez les choses que vous aimeriez avoir. On peut aussi vivre une sexualité et une sensualité à travers les romans, la musique, la danse et l'art en général.
  • Essayer d'autres sources de plaisir. Si vous avez peu d'intérêt pour le sexe, vous pouvez utiliser la masturbation pour apprivoiser les caresses et découvrir vos points sensibles.
  • Faire vérifier ses médicaments. Bon nombre de médicaments sur ordonnance ou en vente libre, en particulier ceux contre la dépression ou contre l'hypertension, entraînent une baisse du désir. Discutez-en avec un médecin. Il vous proposera, le cas échéant, des solutions de rechange.
  • Discuter des effets de la ménopause ou de l'andropause. Plusieurs femmes connaissent un déclin d'intérêt pour les relations sexuelles lors de la ménopause, entre autres à cause de la sécheresse vaginale qu'elle occasionne. Les hommes peuvent expérimenter une baisse de libido autour de la cinquantaine. Si ces effets se produisent chez vous, discutez-en avec votre médecin, il pourra vous suggérer une hormonothérapie substitutive pour régler la situation.
  • Améliorer ses connaissances en matière de sexualité. Apprenez à connaître vos zones érogènes et celles de votre partenaire. Un nouveau toucher ou une nouvelle caresse suffit parfois à intensifier le désir. Il existe d'excellents livres pour s'initier à la relaxation sensorielle et aux massages érotiques.

  • Vous êtes avec un partenaire convenable et les circonstances sont favorables aux relations sexuelles. Pourtant, vous n'éprouvez plus de désir depuis au moins un an.
  • Vous n'avez pas atteint la cinquantaine et vous éprouvez du désir moins d'une fois par mois en dépit de circonstances favorables aux rapports sexuels.

Le médecin procède à un bilan de santé complet afin d'établir si la perte de désir est la conséquence de problèmes physiques. Une évaluation du style de vie et des habitudes relatives aux activités sexuelles est par la suite réalisée.

Si le manque de désir est attribuable à la prise de médicaments, le médecin propose de les remplacer par d'autres qui n'entraînent pas un tel effet secondaire. Si la ménopause ou l'andropause est en cause, une hormonothérapie substitutive est suggérée. Dans les cas où le problème n'a pas sa source parmi ces facteurs, le médecin peut proposer une thérapie avec un sexologue clinicien. Grâce aux chercheurs Masters et Johnson, qui ont étudié la réponse sexuelle dans les années 1960, on sait maintenant qu'il est possible de traiter le manque de désir et les autres problèmes sexuels par une thérapie. Les séances sont hebdomadaires et se répartissent généralement sur une période allant de 10 à 20 semaines. Le médecin recommande que la thérapie soit entreprise en couple si la personne ayant le problème vit avec quelqu'un. Ces thérapies sont basées sur un arrêt des relations sexuelles, suivi d'une reprise progressive de celles-ci avec une phase d'actes préliminaires amplifiée.

Initialement publié le 06/09/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/18925" hreflang="fr">Dr Edouard Beltrami, sexologue clinicien</a> le 27/11/2008 - 01h00 guide familial des maladies publié sous la direction du dr andré h. dandavino - copyright rogers média, 2001
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