En Belgique, 1 patient sur 2 à qui on a administré un patch antidouleur en recevrait une trop forte dose. Ce comportement de prescription erroné est souvent lourd de conséquences. A l'occasion de la Semaine de la Douleur, les spécialistes de la douleur attirent l'attention sur une utilisation correcte du patch antidouleur.
Le docteur Jacky Botterman de l'AZ Sint-Lucas de Gand a étudié pendant une période de trois ans 460 patients admis dans le centre palliatif de l'hôpital. Il a ainsi constaté que les patients dont le traitement avait été administré via un patch transdermique ou patch antidouleur recevaient des doses beaucoup plus élevées que les patients chez lesquels on avait initié un traitement à la morphine.
Sur les 79 patients qui ont utilisé des patches, le traitement a dû être arrêté complètement dans 32 cas et réduit dans 9 autres cas. En d'autres mots, dans près de la moitié des cas, la dose était inadaptée et dangereuse. Cette overdose était souvent la conséquence d'un manque de connaissances du patient et du médecin traitant. La peur de la morphine a suscité un trop grand enthousiasme pour le patch antidouleur, selon le docteur Botterman.
D'après le docteur Botterman, les patches antidouleur ont clairement gagné leur place dans le passé dans la lutte contre la douleur. Le patch antidouleur reste indispensable pour les patients souffrant d'une obstruction intestinale ou de problèmes de déglutition. Mais, malgré leur sûreté et leur efficacité éprouvées, la prescription de patches antidouleur comporte des risques importants. La Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis a d'ailleurs mis en garde en juillet dernier contre une utilisation erronée de certains types de patches antidouleur.
Par le passé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné la préférence à une administration orale des antidouleurs au lieu de via un patch, en tout premier lieu pour des raisons de sécurité. Comme la prise orale s'effectue plus rapidement que dans le cas du patch antidouleur, le contrôle est plus aisé. C'est la raison pour laquelle les patches ne sont pas indiqués en cas de douleur aiguë ou instable. Parmi les autres inconvénients du patch antidouleur, il faut savoir que la prise dépend de la température du corps et de la peau du patient. Enfin, les patches antidouleur peuvent aussi provoquer des irritations de la peau ou se détacher.
Pieter Segaert, journaliste santé
12/11/2008
Communiqué de presse, semaine européenne de la douleur
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