Paludisme

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Il s'agit de la maladie parasitaire la plus fréquente dans le monde, deux milliards de personnes y sont exposées chaque année. Son incidence ne cesse de croître en raison des migrations de population, de l'augmentation des voyages, des modifications climatiques et également de l'adaptation du parasite du paludisme aux médicaments utilisés pour le combattre. Le paludisme, terme utilisé en français, et la malaria, pour les Anglo-Saxons, sont les deux noms employés pour désigner la même maladie. Le meilleur traitement du paludisme reste la prévention. Malheureusement, il n'existe pas à ce jour de vaccin contre le paludisme. On dispose cependant de médicaments efficaces capables d'empêcher les crises. Ces médicaments préventifs (ou prophylactiques), toujours prescrits par un médecin, doivent être pris avant et pendant le voyage et poursuivis 4 semaines après le retour. Le choix du médicament dépend de la saison à laquelle s'effectue le voyage, de la durée du séjour et des antécédents médicaux de la personne et du pays ou de la région visitée.

Une infection par un parasite : protozoaire du genre Plasmodium, dont il existe quatre espèces : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium malaria et Plasmodium ovale. La maladie est transmise par la piqûre de la femelle d'un moustique du genre anophèle dans les zones d'endémie. Elles peut survenir dans la plupart des régions tropicales et subtropicales de la planète. C'est en Afrique que le risque est le plus important, mais de nombreuses autres destinations sont concernées. Le risque de contamination le plus élevé se situe dans les régions rurales et à la fin de la saison des pluies.

Se renseigner avant de partir (Institut Pasteur, services hospitaliers, agences de voyage) pour savoir si le pays de votre destination est concerné par le paludisme. Si c'est le cas, vous serez renseigné sur sa virulence et sa résistance aux médicaments. Porter des vêtements clairs (les moustiques sont attirés par les couleurs sombres), amples, longs (couvrant les jambes et les avant-bras, serrés aux chevilles et aux poignets). Le soir, porter des chaussettes et des chaussures fermées, ou lors de promenades près des marécages et des étangs. Appliquer des répulsifs sur les parties découvertes du corps entre le coucher du soleil et l'aube. Ils se présentent sous forme de crème, de lotion ou de gel (que vous trouverez en pharmacie). Dormir dans une chambre climatisée ou sous une moustiquaire, si possible imbibée d'insecticide ; il existe des kits dans le commerce permettant d'imprégner soi-même sa moustiquaire. Vérifier que la moustiquaire n'est pas trouée et veiller à bien la coincer sous le matelas. Eloigner les moustiques de la chambre par des protections grillagées aux fenêtres et aux portes, des diffuseurs électriques ou des pulvérisateurs ; les insecticides fumigènes sont à utiliser dans les pièces aérées ou à l'extérieur de la maison. Vous les trouverez sur place. Savoir qu'en zones impaludées (zones où sévit le paludisme) le risque de contamination est quasiment nul dans les grandes agglomérations. En revanche, il est maximum dans les zones humides, forestières et marécageuses. Evitez donc les zones rurales surtout la nuit, mieux vaut visiter le pays en plein jour. Savoir que, sauf raison impérieuse, un enfant en bas âge ou une femme enceinte ne devraient pas voyager en zone impaludée. Le paludisme chez une femme enceinte est dramatique pour le foetus et beaucoup de médicaments anti-paludéens sont interdits pendant la grossesse.

Fièvre de plus en plus élevée (pouvant atteindre 40°C), accompagnée de violents maux de tête, de courbatures et de signes digestifs (nausées, vomissements, diarrhées). Ces manifestations de primo-infection (chez une personne qui n'a jamais été en contact avec le paludisme) surviennent entre le 7ème et le 20ème jour après les piqûres de moustiques. frissons et tremblements (la personne a froid, grelotte, même s'il fait chaud), suivis d'une fièvre élevée (39,5 à 40,5°C) pendant plusieurs heures, puis baisse de la température avec sueurs abondantes et sensation de fatigue importante. Ces accès dits "palustres" correspondent au réveil des parasites et peuvent se répéter tous les 3 à 4 jours (cycles de multiplication des parasites). Fièvre banal, syndrome grippal : les formes trompeuses sont fréquentes. C'est pourquoi tout voyageur présentant une fièvre au cours des trois mois qui suivent son retour d'une région où le paludisme est endémique doit être de principe suspect de paludisme. Ictère (jaunisse) et urines foncées constituent un signe de gravité. Confusion, troubles de la personnalité, crises épileptique, voire coma : l'atteinte cérébrale signe une infection par Plasmodium falciparum et constitue une urgence médicale.

Devant ces symptômes et après un examen clinique complet, le médecin pensera systématiquement à un paludisme jusqu'à preuve du contraire et vous demandera si vous avez voyagé dans un pays à risque. Après avoir éliminé toutes les autres causes de température, de vomissements et de maux de tête, (grâce notamment à la numération formule sanguine), il fera pratiquer une "goutte épaisse" (le sang du patient est étalé sur une lame qui est ensuite colorée et examinée au microscope ; le Plasmodium est mis en évidence dans les globules rouges du patient) ; cet examen permet d'obtenir un diagnostic quasi immédiat (dans les 2 heures selon la rapidité du laboratoire). Un sérodiagnostic sera ensuite effectué pour confirmer le diagnostic et connaître la nature du parasite (plamodium vivax, malaria, ovale ou falciparum).

La seule suspicion de paludisme doit conduire à une consultation en urgence et à une prise en charge immédiate. Le traitement doit être immédiatement débuté si les circonstances sont en faveur d'un paludisme (voyage récent en milieu tropical), même si les parasites n'ont pas été mis en évidence par les examens. En cas de signes de gravité comme un coma, des troubles respiratoires, des troubles digestifs, des convulsions chez un enfant, le traitement se fera dans un service de réanimation. Dans les autres cas, l'hospitalisation est toujours nécessaire pour surveiller l'efficacité et la prise du traitement. Il existe différents groupes de médicaments efficaces sur les plasmodiums. Ces médicaments seront prescrits en fonction notamment de l'espèce du parasite en cause, de la gravité de l'infection, de l'âge de la personne atteinte et du profil de résistance aux médicaments antipaludéens dans la région du monde où la personne a contracté la maladie. Il s'agit essentiellement de la quinine, la méfloquine et l'halofantrine.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19071" hreflang="fr">Dr Sylvie Coulomb</a> le 22/10/2002 - 02h00 Le paludisme. K. Loban. Medsi. Le bon usage de la prophylaxie du paludisme. FMC Hebdo n° 136 du 22/01/2002. Prise en charge du paludisme à Plasmodium falciparum. 12è Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de langue française HIA. J. Delmont. Médecine et Maladies infectieuses, décembre 1999, vol.29, suppl.3, p.425s-436s.
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