Plusieurs chercheurs viennent de mettre en évidence un effet possible des bactéries de la flore intestinale sur la régulation du poids corporel. L'obésité actuelle pourrait ainsi être liée à une activité trop efficace de cette flore intestinale...
Des études récentes ont suggéré que la composition de la flore intestinale pourrait prédisposer au stockage d'énergie et donc au gain de poids. Un groupe de chercheurs finlandais s'est intéressé aux relations entre l'évolution de la flore intestinale dans l'enfance et l'apparition de surpoids ou d'obésité. L'hypothèse: l'évolution de l'homme aurait modifié la flore intestinale de telle manière que l'extraction de l'énergie des aliments est désormais maximale...
Pour étayer cette hypothèse, les scientifiques finnois ont analysé les données d'une étude qui a suivi des enfants à partir de l'âge de 6 mois pendant une durée moyenne de 7 ans. A plusieurs reprises, la flore fécale des enfants était analysée, et les données de 25 enfants en surpoids ou obèses ont été comparées à celles de 24 enfants de poids normal (contrôle), sur la base de critères très stricts.
L'analyse microbiologique des selles des enfants montre que chez les enfants de poids normal, le nombre de bifidobactéries (les "bifidus") est supérieur à celui des enfants ayant développé un surpoids ou une obésité pendant l'enfance (2.19 vs 1.20 milliards de cellules/gramme de selle). D'autres analyses ont confirmé ces résultats.
A l'opposé, les enfants en surpoids ou obèses présentaient dans leurs selles un nombre plus important de Staphylococcus aureus (0.64 vs 0.27 millions de cellules/gramme de selle), une "mauvaise" bactérie, responsable de plusieurs types d'infections.
Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste
12/11/2008
Kalliomäki M, Early differences in fecal microbiota composition in children may predict overweight. American Journal of Clinical Nutrition, 2008.
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