Les nouvelles drogues en Belgique

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 11/03/2003 - 00h00
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En marge du rapport national sur les drogues 2002, présenté la semaine dernière (voir " Les drogues en Belgique "), l'Institut Scientifique de la Santé Publique publie également un autre rapport intitulé " Early System Warnings on Drugs at Public Health Levels in Belgium " (Système précoce d'Alertes au niveau de la santé publique en Belgique). Ce rapport est le fait d'un nombre considérable d'experts appartenant tous à des centres spécialisés sur la drogue.

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L'objectif est la mise en place d'un tel système. La semaine dernière, nous avions vu que les autorités sanitaires et judiciaires présentaient toujours un certain retard par rapport aux " créateurs " de nouveaux stupéfiants. Le but d'une organisation fédérale est de prévenir et d'agir aussi rapidement que possible pour limiter la dissémination de ces drogues. Notons que le rapport a été rédigé à la suite de toute une série de réunions qui ont eu lieu avant novembre 2002.

PMA, danger méconnu !

L'exemple le plus frappant de ces nouvelles drogues est la PMA. La PMA ou de son nom scientifique p-méthoxy alpha-méthylphénéthylamine, fait partie de la famille des amphétamines. Son action est stimulante et hallucinogène. Une pilule (50mg) entraîne une augmentation des pulsations cardiaques et une augmentation de la pression artérielle. On peut donc la comparer à l'ecstasy. La PMA figure depuis 1998 sur la liste des produits stupéfiants interdits en Belgique, suite à son apparition dans d'autres pays européens. Pourtant, les premières saisies sont réalisées en 2001. Comme le précisait le commissaire divisionnaire Charles De Winter, dans le magazine de la Police Fédérale : " la PMA est vendue comme XTC et non sous le nom de PMA. " Dans certaines pilules d'ecstasy, on peut trouver de la PMA mais aussi d'autres substances du même type.

Effet mortel

La PMA présente comme toutes les amphétamines un certain nombre d'effets secondaires non négligeables comme notamment une augmentation de la température corporelle. Des études ont montré qu'une intoxication à la PMA pouvait entraîner une hyperthermie allant de 41,6°C à 46,1°C ! C'est la principale cause de décès due à cette drogue.L'un des dangers particuliers de la PMA est d'agir avec un effet retard. En d'autres termes, ses effets recherchés (excitation, hallucinations) n'apparaîtront qu'après 1 heure environ. Ceci incite la personne qui en prend à en avaler un deuxième comprimé. Le deuxième danger réside dans la prise conjointe de PMA avec d'autres drogues ou de l'alcool, ce qui augmente le risque d'effets secondaires. Or, comme on l'a expliqué plus haut, les consommateurs peuvent ne pas savoir qu'ils prennent cette drogue et risquent dès lors d'en prendre trop, risquant alors l'intoxication. C'est justement la découverte de cette drogue sur notre territoire qui a fait, plus que jamais, prendre conscience à nos autorités sanitaires, législatives et judiciaires, qu'une action rapide devait être menée. La mise en place d'une structure d'alerte est cependant toujours dans les tiroirs…

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 11/03/2003 - 00h00 Bulletin de la Police Fédérale (http://www.fedpol.be) " Early System Warnings on Drugs at Public Health Levels in Belgium ", (uniquement en anglais) Institut Scientifique de la Santé Publique, novembre 2002 (publié février 2003) (http://www.iph.fgov.be)
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