Myasthénie

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Son traitement est également difficile et relève de médecins spécialisés. Ses symptômes, comme le nom de la maladie "myasthénie" l'indique, sont caractérisés par une fatigabilité musculaire.

Dans la majorité des cas, la myasthénie est due à une maladie auto-immune, caractérisée par une défense immunitaire de l'organisme par anticorps dirigée anormalement contre ses propres constituants. Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, les articulations sont touchées par les anticorps, dans les thyroïdites, la glande thyroïde, tandis qu'ici il s'agit d'une structure particulière située à la jonction entre les nerfs et les muscles. Cette jonction nécessite pour fonctionner la présence d'une substance appelée acétylcholine. Ce sont en fait les récepteurs accueillant cette substance qui sont attaqués par les anticorps.

Même si cette maladie est compliquée à appréhender, il faut la suspecter en cas de fatigue musculaire variable dans le temps et concernant des muscles aussi différents que ceux des jambes ou des yeux.

La myasthénie se caractérise par une fatigabilité musculaire survenant surtout à l'effort et s'atténuant au repos. Des muscles aussi divers que ceux des yeux (provoquant une "diplopie" ou vision double), des paupières (provoquant un affaissement appelé "ptosis"), de la mastication ou des membres peuvent être touchés. Bien d'autres muscles peuvent aussi être concernés. Par ailleurs, il existe des formes de gravité variable.

Les examens sont très variés. Ils font appel à des prises de sang à la recherche d'anticorps anormaux, à des examens électriques des muscles (électromyogramme), à des tests médicamenteux (vérification de l'efficacité des médicaments contre la myasthénie). On demande également un scanner afin d'explorer une éventuelle tumeur du thymus appelée thymome, qui est responsable de 15 à 20% des cas de myasthénie.

Ils sont essentiellement médicamenteux. On emploie de la cortisone afin de diminuer la composante immunitaire de la maladie. On utilise aussi des médicaments appelés anti-cholinestérasiques, lesquels sont capables d'inhiber une substance normalement destinée à la destruction de l'acétylcholine. Le blocage de cette substance produit logiquement une augmentation des taux d'acétylcholine, bénéfique au bon fonctionnement de la jonction entre les nerfs et les muscles. Ce traitement est mis en place progressivement car il existe des risques de surdosage et des effets secondaires tels une hypersalivation, des coliques, des crampes, des sueurs, un ralentissement du coeur. En cas de présence d'un thymome, une chirurgie est proposée afin d'ôter la tumeur.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19135" hreflang="fr">Dr Renaud Guichard</a> le 02/07/2003 - 02h00 Site des " neurobranchés " (http://membres.lycos.fr/drose)
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