Mort subite du nourrisson : un nerf mis en cause...

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/05/2014 - 16h16
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Cause principale de décès chez les enfants de moins d'un an, la mort subite du nourrisson reste peu comprise des spécialistes et peut difficilement être prévenue.

Toutefois, la découverte de l'implication d'un nerf ouvre de nouvelles perspectives...

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70 décès par an dus à la mort subite du nourrisson

En Belgique, on estime le nombre annuel de décès de nouveaux nés liés à la mort subite du nourrisson à 70.
Principalement, des bébés âgés de 2 à 5 mois.
Si plusieurs facteurs de risque comme la prématurité, un faible poids de naissance ou des antécédents familiaux de mort subite du nourrisson ont été déterminés, les causes précises restent inconnues.

Une absence d'explication qui suscite l'intérêt de nombreux chercheurs. A l'instar de Pascal Bousquet et son équipe de la Faculté de médecine de l'Université de Strasbourg et des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.

Le nerf vague trop actif

Pendant plus de dix ans, des pédiatres, pharmacologues et biologistes moléculaires ont comparé les coeurs de bébés décédés de mort subite du nourrisson avec ceux de bébés dont le décès n'était pas d'origine cardiaque. Une comparaison qui leur a permis de constater que les premiers présentaient plus de récepteurs spécifiques à l'acétylcholine que les seconds. Des molécules qui influencent l'activité du nerf vague, un nerf qui freine le coeur. Or, lorsque ce nerf fonctionne de manière excessive, il peut induire des ralentissements importants du rythme cardiaque voire dans les cas extrêmes des arrêts cardiaques.

La découverte de ces chercheurs strasbourgeois suggère donc que les cas de mort subite du nourrisson seraient associés à une activité anormalement élevée de ce nerf.

Un dépistage possible de la mort subite du nourrisson dans le futur ?
Selon les auteurs de cette étude, l'intérêt de cette découverte réside dans la possibilité d'établir un facteur de risque précis qu'il est possible d'influencer. A terme, ils espèrent que leurs travaux aboutiront à la mise au point d'un test de dépistage du risque de mort subite du nourrisson sur base d'un simple échantillon sanguin ainsi que d'un traitement préventif.

 

Initialement publié par Elise Dubuisson, journaliste santé le 22/03/2010 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/05/2014 - 16h16

"Cardiac Muscarinic Receptor Overexpression in Sudden Infant Death Syndrome", PLoS ONE, mars 2010.

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