Mieux vaut un médecin qu'une machine...

Article créé le 23/07/2012 - 11h11 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 23/07/2012 - 11h11
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Une récente étude sur la détection des mélanomes vient de montrer qu'un médecin qui applique les bonnes pratiques fait plutôt mieux qu'une machine perfectionnée...

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Médecin 1, machine 0

La machine en question est un SIAscope, dont le nom commercial est MoleMate (ami des grains de beauté en anglais). Il permet d'évaluer la quantité de mélanine dans le derme, mais aussi la vascularisation et le contenu en collagène. Ces différents éléments permettent de distinguer les lésions bénignes et malignes.

Une étude a cherché à évaluer l'efficacité de la machine en la comparant avec le simple regard du médecin, qui appliquait les "bonnes pratiques": examen à l'oeil nu selon une checklist et recherche des antécédents médicaux.

Les patients dont les taches étaient estimées dangereuses étaient ensuite référés à un dermatologue.

Résultat: l'efficacité est la même pour les deux méthodes. On pourrait donc se passer de la machine.

 

Il y avait tout de même un domaine dans lequel la machine faisait mieux que l'humain: celui du ressenti des patients. Ceux-ci étaient en effet plus rassurés quand leurs grains de beauté étaient passé à la loupe du SIAscope...

 

Etre rassuré, est-ce toujours une bonne chose?

C'est sans doute vrai dans beaucoup de domaines. D'où la récente campagne du ministère de la santé pour diminuer notre recours à l'imagerie médicale.

 

En effet il est souvent tentant, pour les médecins et les patients, de demander une radio, voire un scanner, juste pour confirmer quelque chose qui est, en réalité, déjà connu...

 

Le problème est double:

  • Le sentiment de tranquillité que l'on obtient dans ce cas n'est pas justifié, puisqu'en fait le résultat n'apporte rien de nouveau.
  • Mais le supplément de frais, en revanche, est bien réel!

La conclusion est, elle aussi, en deux parties...

  • La première, c'est qu'en tant que patients, nous devons, dans certains cas, apprendre à nous passer de l'agréable sensation de tranquillité que nous apporte le recours à la technologie médicale. Ou plutôt, nous devons réaliser que le diagnostic d'un médecin à qui nous faisons pleinement confiance pourrait très bien nous apporter la même sérénité!
  • La deuxième conclusion est que c'est à condition qu'un médecin applique les meilleures pratiques définies dans un domaine, qu'il peut faire tout aussi bien que la machine la plus perfectionnée.


Source: Walter, FM et al., BMJ 2012;344:e4110 doi: 10.1136/bmj.e4110. Via JIM.fr.

Billet initialement publié le 23/07/2012 - 11h11 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 23/07/2012 - 11h11
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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