Mésothérapie: une médecine de pointe ?

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 29/06/2004 - 00h00
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La mésothérapie est une technique de soins répandue dans les milieux sportifs. Nombreux sont les athlètes qui ne jurent que par elle. Est-ce mérité?

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La mésothérapie naît en 1952 dans le cerveau du Docteur Michel Pistor, modeste médecin de campagne francais qui voulait freiner la surconsommation médicamenteuse de ses patients. Il imagine alors une technique qui consiste à injecter divers produits sous la peau par le biais d'une multitude de petites piqûres. Cinquante ans plus tard, l'argument clé de la méthode reste identique: le dépôt local d'une faible quantité de médicament permet de traiter le patient "loco dolenti" (à l'endroit même de la douleur) et donc de réduire globalement la dépendance pharmacologique. Entre-temps, la mésothérapie a fait l'objet d'évaluations scientifiques. Récemment, une équipe parisienne a démontré par exemple que l'injection d'un produit radio-opaque sur des épaules enflammées suivait les cellules de l'inflammation sans disséminer dans tout l'organisme. A titre de comparaison, sachez que lors d'une infiltration intra-articulaire de cortisone, au moins la moitié de la dose passe dans la circulation générale !

Avantages et dangers

Pour les sportifs, la méthode comporte de nombreux avantages. Elle offre notamment une alternative à la prise répétée de comprimés d'anti-inflammatoires, souvent à l'origine de problèmes digestifs. Ce succès suscite cependant un certain nombre de réserves. Longtemps, on a prétendu que les produits injectés par mésothérapie ne passaient pas dans la circulation générale. Mais, dans le cadre d'une nouvelle expérience tout à fait intéressante, les urines de douze athlètes traités par mésothérapie ont été soumises à un contrôle antidopage. Et certains ont été gratifiés d'un résultat positif! Parmi les produits injectés se trouvent des anesthésiques locaux, style xylocaïne, qui ont pour effet de gommer la douleur. Or, leur utilisation est presque systématiquement interdite dans le sport. Cela justifie donc quelques recommandations de prudence, comme par exemple de ne pas programmer une séance de mésothérapie à proximité d'une compétition. Autre point capital: il faut éviter de recourir à la méthode pour poursuivre l'entraînement envers et contre tout. Cela nous renvoie une dizaine d'années en arrière, à une époque où, pour les entorses de cheville, on préconisait souvent l'injection locale d'anesthésique pour permettre au sportif de poursuivre son activité. Aujourd'hui, on pousse des hauts cris devant cette technique barbare. Le traitement fait effectivement perdre toute sensibilité à l'articulation qui se trouve de facto beaucoup plus vulnérable aux blessures de toute nature. Exit donc l'infiltration anesthésiante! Et la mésothérapie alors? Certes, l'aiguille est plus petite et les points d'injection plus nombreux. Mais, si le principe est d'endormir artificiellement la douleur, on peut s'attendre, avec le recul des années, à des conséquences parfois gravissimes.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 29/06/2004 - 00h00
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