Manger son placenta n’a pas de bénéfices santé

Article créé le 05/06/2015 - 11h54 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 05/06/2015 - 11h54
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Manger son placenta ? Oui oui, c’est une tendance. Cet organe, au sein duquel s’effectuent les échanges sanguins entre la mère et le bébé pendant la grossesse, est expulsé au moment de la naissance. Certaines femmes choisissent de le consommer après leur accouchement.

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Pourquoi manger son placenta ?

Les motivations varient selon les femmes. Le placenta contient beaucoup d’hormones de grossesse et il est réputé avoir des bénéfices pour la santé : les femmes qui choisissent de le consommer disent que leur allaitement est plus facile, qu’elles sont moins fatiguées, qu’elles ne ressentent pas de dépression du post-partum, etc. C’est aussi bien sûr un geste très symbolique. Il démontre un attachement à la période bien particulière de la grossesse (les femmes, et dans une certaine mesure les parents, ne veulent pas se séparer sans cérémonie d’un organe qui a nourri et protégé leur bébé pendant ces neuf mois). C’est aussi, souvent, vécu comme un retour à la nature.  

Manger son placenta, c’est déconseillé !

Quelles que soient les motivations pour un geste, si l’on prétend qu’il a des vertus pour la santé, il faut pouvoir le prouver par des études cliniques. Mais ce n’est pas le cas pour l’instant : une revue américaine de 10 études menées sur les humains et sur les animaux montre qu’aucun bénéfice n’a été détecté sérieusement. Par ailleurs, des voix s’élèvent pour parler du risque que peut représenter la consommation du placenta. Celui-ci est en effet traité moins comme un produit alimentaire que comme un symbole, alors qu’il présente exactement les mêmes risques que n’importe quel aliment. Par ailleurs, malgré son image d’organe nourricier, le placenta n’est pas toujours très sain. Il est chargé de filtrer le sang de la mère avant qu’il n’arrive jusqu’au bébé, et peut donc encore contenir des traces d’impuretés. De même, pour peu que la mère soit atteinte par une bactérie – c’est fréquent – il sera lui aussi contaminé.

Conclusion : manger son placenta n’est pas interdit, ni sans doute très dangereux pour la santé... mais ce n’est pas non plus l’idée du siècle, et encore moins la panacée que certains nous promettent. Misons sur le bon sens !

Source : Coyle, C.W. et al., Archives of Women’s Mental Health, juin 2015.

Billet initialement publié le 05/06/2015 - 11h54 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 05/06/2015 - 11h54
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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