Marion Garteiser, journaliste santé

Lorsque le jeu devient une drogue

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 10/12/2013 - 15h55
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Jouer peut parfois devenir un enfer pour soi-même et pour son entourage.

Pour éviter la banqueroute, la vigilance est de mise.

Où commence la pathologie du jeu ?

Par définition, le jeu est un plaisir, un divertissement qui tient un rôle essentiel dans la construction et l'équilibre des êtres humains.

Néanmoins, il peut, dans certaines circonstances, devenir une véritable pathologie, entraînant alors plus de malheur que de plaisir, y compris pour l'entourage. A ce stade (on parle alors de joueur compulsif, ou de pathologie du jeu), le jeu devient le centre des pensées et des activités du joueur.

Sa vie relationnelle se délite progressivement, avec parfois des conséquences financières et professionnelles graves (emprunts financiers, abandon de l'école, du travail…), surtout si la dépendance est aux jeux d'argent. Lesquels existent sous des formes variées : le casino bien sûr, mais aussi le poker ou les jeux de hasard de type loto - en sachant que des variantes en ligne existent pour tous ces jeux.

Comment fonctionne la dépendance au jeu ?

A la différence de la dépendance à l'alcool ou à la drogue, aucune substance "toxique" n'est impliquée dans la dépendance au jeu. Néanmoins, celle-ci est bien réelle. L'esprit du joueur est entièrement accaparé par le jeu, et il lui en faut toujours plus. Le fait de perdre n'est jamais une raison pour arrêter de jouer, bien au contraire : le coup où le joueur pourra "se refaire" semble toujours être le prochain. Dans les moments où il prend conscience de sa dépendance, il souhaite tout arrêter mais, en raison du malaise que provoque cet abandon, il est amené à recommencer afin d'obtenir un soulagement temporaire.

Et tout ne se passe pas dans la tête : jouer provoque en effet une libération d'endorphines, véritables hormones du plaisir. Une drogue "naturelle" qui serait aussi une drogue dure. Toujours dans cette optique, les scientifiques ont émis l'hypothèse que, chez les joueurs à problème, la dopamine, également impliquée dans les sensations de plaisir, serait naturellement peu présente. Pour compenser ce faible taux de dopamine et obtenir du plaisir, ces personnes seraient donc amenées à trouver dans le jeu un mécanisme compensateur.

Initialement publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 02/02/2009 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 10/12/2013 - 15h55
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