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Leucémies de l'enfant : les traitements

Leucémies de l'enfant : les traitements
Les traitements diffèrent notablement selon le type de leucémie dont l'enfant est atteint. L'élaboration des protocoles thérapeutiques est étroitement liée aux avancées de la recherche. La grande majorité des enfants guérissent du "premier coup". Les 3/4 des leucémies sont de type lymphoblastique.

La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL)


C'est un traitement de longue durée (2 à 3 ans), avec des périodes intensives et d'autres plus légères. Il consiste en une polychimiothérapie, c'est-à-dire une combinaison de plusieurs médicaments.

La première phase, appelée phase d'induction, dure 35 jours et nécessite une hospitalisation en service spécialisé. Elle entraîne la destruction des cellules leucémiques et une rémission complète dans 98 % des cas, ce qui signifie que la moelle osseuse est apparemment débarrassée des cellules leucémiques. Seules demeurent quelques cellules résiduelles qui doivent obligatoirement être supprimées pour limiter les risques de récidive. C'est ce phénomène qui nécessite d'administrer un traitement pendant 24 mois supplémentaires.

Une phase de consolidation et d'intensification, pendant 6 à 9 mois, reprend la polychimiothérapie initiale, mais peut être effectuée en hôpital de jour. Ensuite, une phase d'entretien (on devrait plutôt dire "de continuation"), pendant laquelle le traitement se prend par voie orale, permet une vie plus normale et un retour à l'école. L'enfant demeure cependant un peu plus fragile aux infections qu'un enfant non malade.

Parce que la phase initiale provoque non seulement la destruction des cellules cancéreuses, mais aussi, transitoirement, celle des cellules normales de la moelle et du sang, elle provoque chez le petit patient une phase d'aplasie (absence transitoire dans le sang des cellules sanguines normales) qui peut se prolonger pendant plusieurs semaines.

Cet état doit être rigoureusement surveillé car il augmente considérablement le risque infectieux, du fait que le malade n'a plus de globules blancs pour le défendre contre les infections. Puis les taux de cellules sanguines remontent, et le patient sort de l'aplasie dans laquelle il se trouvait. Toutefois, l'enfant ne nécessite généralement pas de greffe de moelle osseuse ni de placement en chambre stérile, mais il peut avoir besoin de transfusions sanguines. L'état d'aplasie peut se répéter pendant les neuf mois de consolidation et d'intensification.

D'autre part, un des dangers majeurs de la LAL est la possibilité, pour les cellules leucémiques, de traverser la barrière hémato-méningée (alors que les médicaments n'y parviennent pas), et d'atteindre les enveloppes du cerveau. Pour éviter ce phénomène, on administre un traitement préventif lourd qui consiste en ponctions lombaires répétées (15 à 20 sur toute la durée du traitement), avec des injections simultanées de médicaments de chimiothérapie. Les ponctions lombaires sont réalisées en milieu hospitalier, en bas du dos, (un peu comme une péridurale), pour atteindre directement le liquide céphalo-rachidien, dont le flux ascensionnel va permettre de diffuser les médicaments au niveau des méninges. Leur faisabilité a été grandement améliorée grâce aux anesthésiques locaux et à la sédation consciente au masque. La grande majorité des enfants guérissent "du premier coup". En cas de rechute (20 à 25 % des cas environ), la greffe de moelle osseuse est le traitement de recours après une nouvelle phase de chimiothérapie.

L'aplasie modulaire est provoquée par la chimiothérapie, cette insuffisance globulaire (et notamment des globules blancs, qui ne peuvent plus remplir leur rôle de défenseurs contre les infections) se répare spontanément après 10 à 20 jours de repos thérapeutique, ce qui permet de renouveler le traitement par cycles toutes les 3 à 4 semaines.
Durée du traitement : de 2 à 3 ans
Phase d'induction : 35 jours de polychimiothérapie à l'hôpital
Phase de consolidation et d'intensification : 6 à 9 mois en hôpital de jour
Phase d'entretien : traitement à domicile par voie orale


La leucémie aiguë myéloblastique (LAM)


Le traitement est plus bref que celui de la LAL, mais plus intensif. Le principe est proche de celui de la LAL, avec une chimiothérapie intensive associant différents médicaments pendant une phase d'induction de 35 jours permettant d'obtenir une rémission complète. Ce traitement lourd nécessite le plus souvent un séjour en chambre stérile. Ensuite, après 1 à 2 cures de consolidation (qui peuvent nécessiter ou non d'être faites en chambre stérile), on effectue une greffe, s'il existe un donneur familial (un frère ou une soeur). Il s'agit en général d'une greffe de cellules souches hématopoïétiques provenant de la moelle osseuse ("greffe de moelle").

La greffe permet d'intensifier le traitement de chimiothérapie ; mais elle possède surtout une action immunologique propre par transfert des cellules du système immunitaire du donneur (présentes dans le greffon et capables de détruire les cellules leucémiques).

S'il n'existe pas de donneur familial, on effectue 3 cures de chimiothérapie consécutives, puis éventuellement un traitement par Interleukine 2 (IL2) pendant un an pour stimuler le système immunitaire de l'enfant.

Durée du traitement : moins de 2 ans
Phase d'induction : 35 jours de polychimiothérapie à l'hôpital, souvent en chambre stérile ; 1 ou 2 cures de consolidation greffe de moelle osseuse (s'il y a un donneur familial) ou 3 cures de chimiothérapie et traitement d'un an pour stimuler le système immunitaire.

Sources : Association pour la Recherche sur le Cancer

Cette fiche fait partie du guide Guide Cancer, rubrique Les différents cancers, rubrique Leucémies de l'enfant

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