Alors que la paranoïa autour du lait de vache semble gagner du terrain en Europe, notamment avec les courants antilait fort actifs sur le web, le Comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie (CNSFP) est le premier à se prononcer scientifiquement et publiquement sur le sujet. Ses propos se veulent avant tout rassurants, sans pour autant faire l'apologie des laitages.
Dans un contexte de peurs alimentaires, volontiers entretenues par certains personnages médiatiques, les médecins sont de plus en plus souvent confrontés à des parents qui remplacent le lait de leurs nourrissons ou enfants en bas âge (préparations pour nourrissons et de suite, laits de croissance, produits laitiers frais) par des jus (et non des laits, qu'ils ne sont pas) de châtaigne, d'amandes, de riz ou de soja (tonyu).
Avec les risques que cela comporte, le CNSFP souhaitait donc rappeler que l'alimentation lactée est essentielle pour le nourrisson et l'enfant de moins de 3 ans.
De la naissance à au moins 6 mois, le lait maternel ou des préparations adaptées (pour nourrissons) constituent l'alimentation de base (et même exclusive jusque minimum 4 mois révolus).
Plus tard, les préparations de suite et les laits de croissance prennent le relais jusque 3 ans. La composition du lait de vache non modifié ne convient pas aux besoins nutritionnels de cet âge.
En effet, cet apport permet notamment d'assurer l'apport calcique, primordial à cet âge, mais il doit être complété de fer, d'acides gras essentiels, de vitamine D et d'autres précieux micronutriments pour la croissance, que l'on ne retrouve pas en quantités appropriées dans le lait de vache non modifié, par ailleurs trop riche en protéines et moins digeste.
Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste
16/12/2008
Archives de Pédiatrie, Volume 15, Issue 11, November 2008
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