Jeunes et alcool : le rôle des parents

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/02/2015 - 11h12
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Chaque semaine, en Belgique, 45 jeunes sont hospitalisés en urgence parce qu’ils ont consommé trop d’alcool. Le constat est alarmant en lui-même, mais quelles sont les vraies conséquences pour ces jeunes ? Et que peuvent faire les parents ?

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L’alcool, un effet redoutable sur des cerveaux en formation…

La consommation d’alcool par les jeunes est alarmante dans notre pays. 82% des Belges de plus de 15 ans consomment de l’alcool. L’âge auquel nous commençons à boire reste stable, autour de 18 ans et 4 mois, selon la dernière grande enquête de santé. Selon cette même enquête, il est très rare qu’un jeune boive tous les jours, mais leur consommation est tout de même importante : les 15-24 ans boivent un peu plus, sur une semaine, que les 25-44 ans, par exemple. Plus de 15% des jeunes hommes ont une consommation excessive (plus de trois verres par jour en moyenne). Et les jeunes, garçons et filles, sont les plus nombreux  à présenter ce que l’on appelle l’hyper-alcoolisation, c’est-à-dire la consommation de plus de 6 verres d’alcool en une seule occasion.  En fait, seuls 17% des jeunes qui boivent de l’alcool n’ont jamais fait cette expérience, que l’on appelle binge-drinking.

Quelle conséquence pour les cerveaux ?

Deux aspects sont inquiétants dans cette surconsommation. D’abord, bien sûr, la prise de risque à court terme : en dehors des les accidents (de la route et ailleurs), mais aussi les agressions et actes de violence sont associés à la consommation d’alcool. Sur le plus long terme, on sait aussi aujourd’hui que boire de l’alcool au sortir de l’adolescence (18-19 ans) a des conséquences sur le cerveau qui ne s’effacent pas avec le temps. Ces résultats sont constatés à partir d’une consommation jusqu’à l’ivresse une fois par mois, ce qui est loin d’effrayer les plus enthousiastes des étudiants… En fait, cela n’a rien d’étonnant : jusqu’à 25 ans, notre cerveau n’est pas mature et forme encore des connexions entre neurones. Si on l’expose à l’alcool, qui est un neurotoxique connu, il est logique que les conséquences soient visibles sur le long terme. Mais on doute que tous les jeunes en soient réellement conscients.

Initialement publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 23/02/2015 - 11h12 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/02/2015 - 11h12

Maurage, P. et al., Alcohol Clin Exp Res. 2014 Jul;38(7):2105-12. doi: 10.1111/acer.12444. Epub 2014 May 20.
Petit, G. et al., Alcohol Alcohol. 2014 Mar-Apr;49(2):198-206. doi: 10.1093/alcalc/agt172. Epub 2013 Dec 2.

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