Jeu et drogue : une même dépendance ?

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/01/2015 - 11h46
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La dépendance aux jeux est aujourd'hui bien connue. Même si elle ne passe pas par la consommation de substances addictives, elle produit sur le cerveau une action comparable à celle de la drogue.

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Dépendance au jeu et à la drogue : le même effet sur le cerveau

Des chercheurs allemands se sont penchés sur l'activité cérébrale de 12 joueurs compulsifs et de 12 personnes ne s'étant jamais adonnées aux jeux de hasard. Au cours des tests, les participants devaient choisir entre deux cartes. Si la carte tirée était rouge, le joueur gagnait 1 euro. Les scientifiques ont ensuite comparé les scannings des deux groupes de l'échantillon en se focalisant plus particulièrement sur la région du cerveau qui envoie le signal de récompense. Ils ont observé que cette région était nettement moins active chez les joueurs compulsifs, même s'ils avaient gagné et perdu la même somme d'argent que les non joueurs.

D'autres études ont montré des résultats similaires en ce qui concerne la dépendance à la drogue. Celle-ci pourrait être provoquée par une déficience dans le système de récompense et la consommation de drogue pourrait être une tentative de compensation de cette déficience.

Les chercheurs ont également noté une activation moindre d'une autre région du cerveau, celle qui contrôle les impulsions. Cette désactivation pourrait expliquer le comportement des joueurs chroniques qui enchaînent les paris et les mises.

Les effets de la dépendance au jeu

On estime que 14% des personnes fréquentant les divers lieux de jeux sont des joueurs pathologiques et 43% sont susceptibles de développer une dépendance au jeu pathologique. Cette dépendance au jeu du joueur pathologique a des conséquences majeures :

  • Troubles psychologiques : troubles psychosomatiques, anxiété, dépression,… et d'un taux de tentatives de suicide de près de 15%.
  • Co-dépendance aux produits psychotropes : 71% des joueurs pathologiques et 41% des joueurs non pathologiques souffrent de tabagisme contre 27% dans la population générale. 20% des joueurs pathologiques souffrent d'alcoolisme contre environ 5% dans la population générale.
  • Problèmes avec la justice et de surendettement.
  • Détérioration de la vie de famille et socio-professionnelle.
  • Et bien entendu, difficultés financières qui vont parfois jusqu'à la privation d'achats de première nécessité et de soins médicaux.
Initialement publié par C. De Kock, journaliste santé le 01/02/2005 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 22/01/2015 - 11h46

"Pathological gambling is linked to reduced activation of the mesolimbic reward system", Reuter J., Nature Neuroscience, February 2005; vol 8: n°2.

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