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Interview : violences domestiques, 1 femme sur 5

Interview : violences domestiques, 1 femme sur 5La violence conjugale concerne une femme sur trois et a de nombreuses conséquences sur leur état de santé, ainsi que sur celui de leurs enfants. Chaque mois, des femmes décèdent à la suite de violences domestiques. Comment sortir de cet engrenage ?


En Europe, 4 millions de femmes subissent cette violence en privé. Nous avons interrogé Mlle O.Giavarini de l'association française "Accueil Femmes Solidarité" (AFS), dont l'objectif est de prévenir et lutter contre les violences domestiques, en accueillant, soutenant et orientant les femmes qui en sont victimes.

e-sante : Les femmes osent-elles enfin parler de ce qu'elles endurent ?

Mlle O. Giavarini : Il y a une très forte augmentation du nombre de femmes venant à notre association pour briser le silence, chercher de l'aide et des informations. En 2003, AFS a traité 2.741 situations de violences domestiques, contre 1.911 en 2002, et 1.846 en 2001. Cela ne veut pas dire qu'il y a davantage de femmes victimes de violences conjugales et/ou familiales qu'avant. Simplement, ce phénomène est resté longtemps un sujet tabou, banalisé et minimisé. Et comme les violences intrafamiliales font partie à la fois du domaine public (responsabilité et sensibilisation de la société) et privé, cette ambiguïté a longtemps rendu leur traitement délicat. En effet, cette violence se caractérise surtout par son invisibilité : si la victime ne se déclare pas, il est difficile de la repérer et de la secourir. Mais aujourd'hui, les femmes victimes sont plus nombreuses à dénoncer ce qu'elles vivent au quotidien, à chercher des solutions pour fuir un foyer ou une personne violente et à sortir de leur isolement. Des campagnes nationales ont été lancées, tandis que des projets et des rapports ont été établis au niveau européen. Les femmes victimes ont moins honte, culpabilisent moins, ou encore prennent conscience plus tôt de la gravité potentielle des coups ou des insultes. Elles connaissent également mieux leurs droits.
Ainsi, il est primordial de réagir aux premiers signes, car la violence et ses cycles ont des conséquences sanitaires plus difficiles à combattre à mesure que le temps avance.


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Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé
20/04/2004


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