• rating
    • rating
    • rating
    • rating
    • rating
    0 avis
  • Consultations (2331)
  • Commentaires (0)

Interview : faut-il maigrir à tout prix ?

Interview : faut-il maigrir à tout prix ?

e-sante : Faut-il être prêt à tout pour maigrir ?Dr Renaud Guichard : Certainement pas ! Rappelons que les techniques de gastroplasties ont toujours été réservées aux grands obèses. La raison principale est que toute chirurgie abdominale chez l'obèse est risquée sur le plan respiratoire et cardiovasculaire, et nécessite outre une équipe entraînée, un environnement de réanimation intensive. L'arrivée de l'anneau a donné une fausse impression de facilité et d'innocuité, en raison de sa mise en place par coelioscopie et de sa réversibilité. S'il est vrai que la coelioscopie agresse moins l'organisme que la laparotomie (ouverture de la paroi abdominale), les complications majeures, même moins fréquentes, demeurent. Par ailleurs, spécifiquement, la technique de pose d'un anneau gonflable en silicone autour de l'estomac a ses propres complications : glissement de l'anneau, distension de l'estomac au dessus de l'anneau, perforation de l'estomac, passage de l'anneau dans l'estomac, déplacement du boîtier, infection du boîtier, anneau mal supporté, reflux acide dans l'œsophage, etc.Au total, environ une personne sur trois doit se faire réopérer dans les jours ou les mois qui suivent la pose pour des raisons diverses, sans compter une éventuelle ablation de l'anneau prévue après une stabilisation de la perte de poids.

e-sante : Quels sont les conseils du chirurgien à toutes les femmes en désarroi face à leur obésité ?Dr Renaud Guichard : Il ne faut pas se précipiter sur la technique de gastroplastie par anneau. Cette technique ne devrait être réservée qu'à certaines catégories d'obèses chez qui ne rien faire est très risqué à court terme. En dehors de ces cas extrêmes, même si on rentre dans les indications officielles de la technique, il faut bien réfléchir. Il n'y a pas d'urgence. Plusieurs questions doivent être posées :

  • L'information délivrée par les médias et certains médecins est-elle objective ? C'est peu probable compte tenu des considérables enjeux financiers dans le traitement de l'obésité, et il est toujours plus facile pour un médecin de parler de ses succès que de ses échecs.
  • Ai-je été bien informé ? La première consultation avec un chirurgien devrait uniquement être considérée comme un rendez-vous " pour information ", sans qu'aucune décision ne soit prise. Sa durée devrait être comprise entre 45 minutes et une heure. Un deuxième rendez-vous devrait également être possible pour complément d'information et présence éventuelle de personnes de l'entourage. Une période de réflexion d'un mois semble raisonnable avant toute décision.
  • Et si on refuse de me poser un anneau ? Sachez qu'un chirurgien gagne sa vie s'il opère. Un refus de sa part est plutôt une preuve d'honnêteté. Il est toujours possible de trouver un chirurgien qui acceptera, la motivation financière n'étant pas forcément étrangère à cette décision. Si le refus est objectivement formulé, c'est probablement parce que votre surpoids est modéré ou que vos dispositions psychologiques ne permettent pas un succès de l'anneau ou un suivi correct.
  • Quelles sont les autres solutions ? La plupart des gens qui consultent pour des problèmes de poids n'ont souvent pas eu de suivi ni d'éducation correcte sur le plan nutritionnel (on ne parle bien sûr que des régimes validés et suivis par des professionnels de la nutrition). C'est un premier point. Pour les autres possibilités, il existe la technique du ballon gonflable placé dans l'estomac par fibroscopie (donc sans opération), qui reste en place environ neuf mois et est réservé à des obésités modérées. Les risques sont minimes par rapport à l'anneau. Sur le plan des médicaments, il en existe actuellement deux types. L'un empêche l'absorption des graisses par le tube digestif, le Xenical  (son effet secondaire est d'ailleurs une diarrhée graisseuse appelée aussi stéatorrhée), l'autre est un médicament qui agit sur le cerveau et exerce une double action : accélération du sentiment de satiété (la sensation de faim s'estompe plus rapidement) et augmentation du métabolisme de base (vous brûlez plus). La sibutramine commercialisée sous le nom de Reductil n'est donc pas un coupe faim comme les amphétamines par exemple. Ces deux médicaments ne fonctionnent qu'associés à un régime hypocalorique.

Article publié par le 26/11/2002

Trouvez-vous cet article intéressant ?
 
intervenez sur e-santé
Prévisualisation

*Saisie obligatoire pour envoyer

Informatique et libertés

Pub

VOTRE COMMUNAUTÉ Surpoids, obésité

Participez aux dernières discussions mises en ligne