Infarctus du myocarde, une course contre la montre

Publié par Isabelle Eustache : Adaptation : Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 01/10/2002 - 00h00
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L'infarctus du myocarde est une affection grave et fréquente avec plus de 30.000 nouveaux cas chaque année en Belgique. Il représente également la première cause de mortalité chez l'adulte de plus de 40 ans.

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Cependant, il a bénéficié de progrès thérapeutiques considérables, allant de la prise en charge initiale grâce au service des urgences et aux unités de soins intensifs coronaires, jusqu'aux traitements immédiats puis secondaires, lesquels ont permis d'améliorer fortement le pronostic de cette maladie. Ainsi, la mortalité a chuté de 30% à 10%, en trente ans.

Importance de la rapidité d'intervention

Rappelons que les traitements de l'infarctus sont palliatifs et en aucun cas curatifs ; ils ne permettent pas de guérir de cette maladie, mais empêchent son évolution et aident à un retour à la normale. Dans tous les cas, il s'agit d'une urgence pour laquelle chaque minute compte : plus tôt sera restauré le flux sanguin irriguant normalement le cœur, plus l'étendue de l'infarctus sera limitée, plus la fonction du cœur sera préservée et plus les complications à court et à long terme seront atténuées.

Un mécanisme simple pour un accident grave, parfois fatal

Le coeur est un muscle (appelé myocarde, d'où le nom d'infarctus du myocarde) constitué de plusieurs cavités (2 oreillettes et 2 ventricules), permettant grâce à ses contractions répétées de jouer un rôle de pompe afin d'éjecter le sang oxygéné provenant des poumons vers l'ensemble des organes du corps. Les coronaires sont les artères qui alimentent le coeur en sang chargé d'oxygène. Au nombre de trois, chacune d'entre elles alimente un territoire particulier du muscle cardiaque.La séquence de l'accident peut se résumer en trois actes :

  • un caillot se forme au niveau d'un rétrécissement d'une coronaire (appelé sténose), provoquant son occlusion ;
  • la circulation sanguine du territoire cardiaque concerné s'interrompt ;
  • les cellules privées de sang souffrent, certaines d'entre-elles finissent par mourir. Très rapidement, en quelques heures, les conséquences de la mort cellulaire sur le muscle cardiaque deviennent irréversibles. Plus l'occlusion dure longtemps, plus le territoire myocardique mort est important. Ainsi, une douzaine d'heures suffisent à la destruction complète de la zone normalement irriguée par la coronaire bouchée. C'est pourquoi, l'accident cardiaque constitue une urgence absolue nécessitant un transport médicalisé (le service des urgences : 100) : chaque minute perdue assombrit le pronostic !
L'infarctus du myocarde correspond donc à la destruction d'une partie du muscle cardiaque en raison d'un défaut d'irrigation sanguine privant les cellules d'oxygène.

Publié par Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 01/10/2002 - 00h00
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