Incontinence urinaire

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Voici comment ils se présentent : Incontinence à l'effort

  • perte involontaire d'urine, que l'on laisse échapper par exemple lorsqu'on tousse ou éternue ;
  • problème presque exclusivement féminin, mais se trouvant aussi chez les hommes qui ont subi une chirurgie de la prostate.
Incontinence par impériosité
  • besoin urgent d'uriner ;
  • autant les hommes que les femmes peuvent en être affectés.
Incontinence par trop-plein
  • difficulté à uriner, diminution du jet urinaire, goutte à goutte (signe d'obstruction).
  • l'obstruction affecte principalement les hommes, mais aussi parfois les femmes.
  • perte d'urine continuelle sans qu'on s'en rende compte. La vessie "déborde" (signe de diminution de la contraction de la vessie) ;
  • cette diminution touche autant les hommes que les femmes.

  • Affaiblissement du plancher pelvien (canal urinaire). Problème typiquement féminin. Le plancher pelvien est composé de muscles qui ont pour fonction de soutenir la vessie, les intestins et l'utérus. Avec l'obésité, les accouchements ou la ménopause (la baisse d'oestrogènes fragilise les mécanismes naturels de l'urètre), le plancher pelvien risque de perdre de son tonus, ce qui entraîne, entre autres, une "descente" de la vessie et même de l'urètre (l'urètre s'extériorise, comme un doigt de gant dont on ferait ressortir l'intérieur). S'ensuivra alors une incontinence à l'effort ou par impériosité. Cela s'accompagne parfois d'une incontinence anale. Environ 30 % des femmes de plus de 65 ans ont ce type de problèmes, qui s'amplifie avec les années.
  • Insuffisance du sphincter interne. Chez les femmes, l'insuffisance peut être primaire (c'est l'affaiblissement du plancher pelvien) ou secondaire à un traumatisme (accident, viol) ou à une rigidité (due surtout à une chirurgie antérieure ou à un traitement par radiothérapie). Parce que le sphincter a de la difficulté à se contracter pour retenir l'urine, il en résulte de l'incontinence à l'effort ou par impériosité.
  • Hypertrophie de la prostate. La prostate est un organe de la taille d'une noix. À partir de la trentaine, elle commence à grossir - phénomène normal mais encore inexpliqué - et peut, avec les années, mais seulement chez 25 % des hommes, gonfler jusqu'à obstruer l'urètre, empêchant la vessie de se vider normalement. L'incontinence par trop-plein (phénomène d'obstruction) ou par impériosité est possible.
  • Blocage de l'urètre. Outre l'hypertrophie de la prostate, un corps étranger dans la vessie (calculs ou objets), un traumatisme de l'appareil urinaire ou dans la zone pelvienne (chirurgie qui guérit mal, installation d'une sonde, accidents de vélo ou de moto) et même des problèmes psychologiques (blocages plus ou moins conscients) risquent d'obstruer l'urètre. L'incontinence par trop-plein (phénomène d'obstruction) ou par impériosité est possible.
  • Troubles neurologiques. La maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques, la paralysie cérébrale, les atteintes de la moelle épinière, etc. risquent de nuire à la capacité de coordonner l'influx nerveux. Il peut alors en résulter de l'incontinence par impériosité neurogène (parce que la cause est neurologique) ou par trop-plein (phénomène de diminution de la contraction de la vessie).
  • Médicaments. Les antidépresseurs et antipsychotiques peuvent rendre la vessie "paresseuse" (ils inhibent ses capacités), de sorte qu'elle arrive plus ou moins bien à se contracter normalement, entraînant de l'incontinence par trop-plein.
  • Infections. La cystite (infection de la vessie) et les infections transmises sexuellement peuvent irriter l'urètre, ce qui entraîne des envies urgentes d'uriner (incontinence par impériosité).
  • Constipation chronique. Surtout chez les enfants, la constipation chronique peut causer de l'incontinence urinaire par impériosité. Les spécialistes pensent que la dilatation du rectum entraîne un étirement des nerfs de la vessie et crée un réflexe nerveux de contraction.

  • Consulter un médecin. Un problème d'incontinence par obstruction qui n'est pas traité peut provoquer une pression si élevée dans la vessie (qui ne se vide pas) que le niveau d'urine peut remonter jusqu'aux reins, les empêchant de bien fonctionner. Cela peut entraîner une insuffisance rénale.
  • Ne pas s'abstenir de boire. Cesser de boire ou boire moins ne réglera pas le problème d'incontinence. Vous devez continuer à vous hydrater.
  • Proscrire caféine et alcool. Les gens qui souffrent d'incontinence par impériosité idiopatique (idiopathique signifie qu'on n'en connaît pas la cause) devraient éviter la caféine et l'alcool. Ce sont des diurétiques, c'est-à-dire qu'ils stimulent la vessie pour qu'elle élimine encore plus. Ils ne font donc qu'empirer le problème d'incontinence.
  • Reconditionner sa vessie. Si vous souffrez d'incontinence par impériosité idiopathique, vous pouvez essayer vous-même de rééduquer votre vessie afin qu'elle se contracte au bon moment. C'est une forme de biofeedback. Pour ce faire, allez aux toilettes à heures fixes - toutes les trois heures par exemple ; essayez de vous retenir dans l'intervalle. Urinez jusqu'à ce que vous ayez la sensation que votre vessie est vide. Pour vous en assurer, levez-vous, rassoyez-vous et tentez d'uriner une deuxième fois.
  • Faire l'exercice de Kegel. Pour les gens qui sont aux prises avec une incontinence à l'effort, l'exercice de Kegel peut donner des résultats au bout de 10 semaines environ. Il s'agit simplement de contracter les muscles pelviens et sphinctériens, de compter jusqu'à 10 et de relâcher. Faites-le le plus souvent possible pendant la journée (même en urinant), un minimum de trois séances de 10 contractions. L'avantage de cet exercice, c'est qu'on peut le pratiquer n'importe où, n'importe quand : personne ne s'en rend compte. Vous ne savez pas au juste de quels muscles il s'agit ? Ils sont très faciles à localiser : lorsque vous irez aux toilettes, arrêtez volontairement la miction, contractez-vous comme pour vous empêcher de déféquer, puis relâchez les muscles. Vous aurez alors trouvé vos muscles pelviens et sphinctériens.
  • Prévenir les petits accidents. Si vous avez envie de tousser, d'éternuer ou si vous devez vous pencher, pensez à d'abord contracter vos muscles pelviens et sphinctériens. D'autre part, vous trouverez en pharmacie et dans les grands magasins à rayons des culottes et des serviettes hygiéniques conçues pour l'incontinence urinaire. Enfin, vous pouvez garder un pot de chambre près de votre lit.
  • Favoriser la régularité. Pour éviter la constipation chez l'enfant, privilégiez une alimentation saine et variée, où la teneur en fibres est très élevée.
  • Prévenir les problèmes de prostate. À partir de 50 ans, tous les hommes devraient subir un examen annuel de la prostate.
  • Prévenir l'affaiblissement du plancher pelvien. Après chaque accouchement, il est bon de faire au moins trois séances de rééducation périnéale avec un physiothérapeute spécialisé. En fait, les exercices enseignés à l'hôpital ne sont habituellement pas suffisants pour préserver la tonicité du plancher pelvien. Maintenez un poids santé et, si vous approchez de la ménopause, parlez avec votre médecin des solutions qui s'offrent à vous.

  • Vous êtes un homme.
  • Vous avez des problèmes neurologiques.
  • Il y a du sang dans les urines.
  • Vous êtes fortement incommodé par les symptômes.

En plus de noter les informations nécessaires et de faire l'examen physique, le médecin procédera à une analyse d'urine et à une cytologie urinaire (analyse des cellules de l'urine) et, selon le cas, une évaluation endo-urologique (examen approfondi de la vessie). Chez l'homme, l'examen clinique comprend un toucher rectal pour évaluer la dimension de la prostate. Le médecin pourra aussi prescrire d'autres examens, comme la débitmétrie, qui consiste à mesurer la quantité d'urine éliminée par rapport à la durée de la miction et à mesurer le résidu après la miction. Ainsi, s'il n'y a que peu d'urine sur un laps de temps assez long, il y a sans doute blocage de la vessie par la prostate.

  • Affaiblissement du plancher pelvien et insuffisance du sphincter interne. Des exercices de rééducation périnéale avec un physiothérapeute permettent habituellement d'améliorer la situation. Le traitement suivant est particulièrement recommandé : il consiste à stimuler les muscles pelviens et sphinctériens au moyen de petits courants électriques non douloureux. D'ordinaire, le problème s'améliore chez 60 % à 70 % des femmes préménopausées, parce que les oestrogènes aident à tonifier les muscles. Les résultats sont donc moins bons chez les femmes ménopausées, mais celles-ci peuvent bénéficier d'une hormonothérapie (les oestrogènes prescrits remplaceront les hormones naturelles). Dans quelques cas, selon la gravité et la cause du problème, les médecins peuvent se tourner vers la chirurgie. Il peut s'agir de remonter la vessie, de prélever une bande musculaire de la cuisse ou du ventre pour la poser sous la vessie ou le sphincter interne, ou encore d'injecter du collagène pour resserrer l'urètre. La pose d'un sphincter artificiel est parfois envisagée.
  • Hypertrophie de la prostate. Pour régler le problème d'incontinence, le traitement le plus courant consiste à enlever chirurgicalement la partie hypertrophiée (gonflée) de la prostate (on enlève du tissu autour de l'urètre pour diminuer l'obstruction). D'autres techniques sont aussi disponibles : la thermothérapie, la cryothérapie et le laser (on brûle, on gèle ou on détruit à l'aide d'une sonde la partie excédente de la prostate). Toutefois, chez l'homme encore assez jeune, la prostate peut avoir le temps de recommencer à grossir. Environ 30 % des hommes qui ont subi une ablation prostatique devront, un jour ou l'autre, recommencer le même traitement. En outre, il existe des médicaments qui permettent de réduire le volume de la prostate et d'autres qui ont la propriété de relâcher les muscles au niveau de la prostate (car les muscles contractés provoquent un rétrécissement du canal urinaire), ce qui aide la vessie à se vider normalement. Le patient qui opte pour le traitement pharmaceutique doit savoir qu'il devra prendre ces médicaments toute sa vie.
  • Blocage de l'urètre. S'il y a un corps étranger dans la vessie, il faudra recourir à une chirurgie sous anesthésie générale pour l'enlever. Un traumatisme de l'appareil urinaire ou dans la zone pelvienne nécessitera une chirurgie endoscopique pour réparer le dommage ou une chirurgie plastique de l'urètre (pour reconstruire l'urètre). Quant aux problèmes psychologiques, ils nécessitent le soutien d'un professionnel. Dans tous ces cas, la plupart du temps, les problèmes d'incontinence peuvent être réglés.
  • Troubles neurologiques. S'il s'agit d'une incontinence par impériosité neurogène, le médecin pourra prescrire, sur une base temporaire ou permanente, des médicaments pour relaxer la vessie (anticholinergiques et antispasmodiques). Si s'agit d'une incontinence par trop-plein, un cathéter (sonde pour vider la vessie) pourra être installé à intervalles réguliers (toutes les quatre heures, par exemple), jusqu'à ce que le problème soit réglé, le cas échéant. C'est le patient lui-même qui installe le cathéter et qui l'enlève tout de suite après avoir terminé.
  • Médicaments. Le médecin veillera à modifier la médication, en prescrivant des médicaments ayant la même action, mais ne provoquant pas d'incontinence comme effet secondaire.
  • Infections. Elles se traitent habituellement bien avec des antibiotiques. Le problème d'incontinence disparaîtra à la fin du traitement.
  • Constipation chronique. Chez les enfants, la constipation chronique disparaît ordinairement avec une modification de l'alimentation. Une rencontre avec un diététicien est parfois nécessaire.
Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19389" hreflang="fr">Dr Jean Dessureault, Urologue, Hôpital du Haut-Richelieu, Saint-Jean-sur-Richelieu</a> le 01/08/2005 - 02h00 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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