Incontinence urinaire de la femme : se libérer de la génétique !

Mise à jour par Magalie Bègue, journaliste santé le 23/12/2016 - 09h31
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L’âge, la grossesse, l’obésité, certains sports et métiers favorisent l’incontinence urinaire chez la femme. La génétique aussi, qui compte pour près de 40% dans ce risque. Comment limiter le risque de fuites urinaires ?

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Incontinence urinaire, le poids des gènes

Dans le risque d’incontinence urinaire, la génétique joue un rôle important, estimé à plus d’un tiers du risque total. Toutes les études convergent vers une prédisposition génétique dans l’incontinence urinaire d’effort (sport, éternuement etc..) estimée entre 30 et 40% (1).

« Les facteurs génétiques en cause dans ces fuites urinaires se rapportent essentiellement à la qualité du collagène présent dans le tissu conjonctif (peau, tendons, ligaments, parois des organes et des vaisseaux sanguins) mais aussi à celle des cellules des fibres musculaires » explique le Dr Brigitte Fatton, gynécologue obstétricien, spécialisée en uro-gynécologie au CHU de Nîmes.

Le rôle délétère d’un collagène insuffisant ou de mauvaise qualité a été mis en évidence récemment. Par exemple, chez les femmes souffrant de prolapsus ("descente d'organe") génital, une diminution du nombre de certaines fibres de collagène (de type III) a été constatée et pourrait expliquer une moindre résistance des tissus aux forces d’hyperpression (pression intra-abdominale importante). De même, les femmes ayant une hyperlaxité articulaire sont plus exposées au prolapsus génital, ce qui plaide pour l’implication d’anomalies du tissu conjonctif dans les troubles de la statique pelvienne (configuration normale de l'anatomie du petit bassin et du périnée).

A quand un dépistage génétique de l’incontinence urinaire ?

Ces facteurs génétiques sont désormais connus mais il est encore impossible de désigner précisément les gènes impliqués (2).

L’intérêt de ces recherches génétiques en cours serait de pouvoir dépister les femmes ayant un risque plus important de fuites urinaires et/ou de prolapsus.

Dr Fatton : « Peut-on imaginer dans le futur privilégier certaines orientations professionnelles ou sportives ou influencer le suivi d’une grossesse, le déroulé d’un accouchement ou les techniques chirurgicales de réparation de l’incontinence urinaire sur des arguments de dépistage génétique ? Pourquoi pas, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements ».

Initialement publié par Magalie Bègue, journaliste santé le 23/12/2016 - 09h31 et mis à jour par Magalie Bègue, journaliste santé le 23/12/2016 - 09h31

(1) Wennberg AL, Eur Urol 2011 ; 59 :1032-1038 ; (2) Cartwright R, Am J Obstet Gynecol, 2015 ; 212 :199 e1-24

D’après un entretien avec Dr Brigitte Fatton, gynécologue obstétricien, spécialisée en uro-gynécologie au CHU de Nîmes.

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