Incontinence urinaire féminine

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On admet qu'une femme sur deux, environ, présente des pertes urinaires à un moment de sa vie. Cette incontinence ne concerne pas uniquement les femmes âgées, certes plus nombreuses, mais également un grand nombre de jeunes femmes, notamment après un accouchement. L'acceptation de ce phénomène est vécue différemment en fonction de la gêne qu'il procure et de l'âge des patientes. Certaines le vivent comme un phénomène naturel, surtout lorsqu'il est peu gênant. D'autres, au contraire, gênées au point de se garnir en permanence depuis plusieurs années, le considèrent comme une tare presque honteuse. La plupart ignore que ce problème peut se traiter. La vessie reçoit l'urine continuellement produite par les reins. Elle sert de réservoir afin que l'extériorisation de cette urine par l'urètre soit volontaire et peu fréquente. Ce sont les sphincters qui agissent comme des robinets et s'ouvrent pour laisser couler l'urine ou se ferment pour la retenir. C'est l'équilibre entre la vessie et les sphincters qui permet la continence.

  • L'instabilité vésicale : la vessie est hypertonique, se contracte en permanence alors qu'elle n'est pas pleine. Ce type d'incontinence affecte plutôt des femmes jeunes, souvent un peu nerveuses et survient lorsqu'elles entendent couler l'eau du robinet. La fuite est le plus souvent précédée d'une impression de crampe vésicale. Parfois, à cette incontinence peut s'associer une hyper-réactivité vésicale se manifestant par un besoin urinaire impérieux d'aller uriner, sans perte réelle d'urines.
  • L'incontinence liée à l'effort : celle-ci survient lorsque les forces d'expulsion liées à une augmentation de la pression à l'intérieur du ventre sont plus fortes que les forces de retenue exercées par le sphincter. L'incontinence urinaire d'effort apparaît dans certaines circonstances comme un effort, une toux, un rire ou un changement de position. Dans près d'un tiers des cas, elle survient après le premier accouchement. Celui-ci, en effet, retentit sur les moyens de soutènement de la vessie et favorise la descente de celle-ci, entraînant une rupture de l'équilibre vessie/sphincter. Cette incontinence, apparue juste après l'accouchement, peut disparaître au bout de quelques mois mais souvent, il persiste une certaine fragilité au niveau de l'appareil génital. Cette fragilité, qui sera révélée lors de la ménopause, fait perdre aux tissus musculaires leur élasticité et leur résistance.
  • L'incontinence mixte : il s'agit de l'association des deux types d'incontinence.

Ne pas hésiter à parler à son médecin traitant de ses problèmes urinaires. L'incontinence urinaire se soigne aujourd'hui très bien par la rééducation, les médicaments ou la chirurgie.

  • Vous constatez des petites fuites d'urine à l'effort : en toussant ou en éternuant, en soulevant des objets lourds, en changeant de position, etc.
  • L'incontinence est déclenchée lorsque vous entendez de l'eau couler et la fuite est précédée d'un besoin urgent, voire douloureux d'uriner.

Le médecin recherche la cause de l'incontinence, car le traitement est différent selon qu'il s'agisse d'une instabilité de la vessie ou d'une incontinence d'effort. Les antécédents gynécologiques et obstétricaux (nombre d'enfants, déroulement des accouchements, poids des enfants) sont importants à prendre en compte. L'examen clinique recherche un "prolapsus" vésical, utérin ou rectal (descente de la vessie, de l'utérus, du rectum, en dessous de sa position normale). Au terme de cet interrogatoire et de ce bilan clinique, il est possible de juger du degré d'incontinence et de savoir si elle entraîne une gêne nécessitant un traitement. En revanche, l'examen clinique ne permet pas toujours de déterminer sa cause précise et des examens complémentaires s'imposent alors. Ils consistent essentiellement en des explorations "urodynamiques" (cystomanométrie, sphinctérométrie statique, sphinctérométrie dynamique, débimétrie, électromyographie). Ces examens, peu douloureux, permettent de préciser au mieux les différents types d'incontinences urinaires. Ils consistent à mettre une petite sonde à l'intérieur de la vessie contenant des capteurs de pression, à remplir cette vessie avec un liquide stérile et à analyser le comportement de celle-ci lors des différentes phases de remplissage de la vessie et lors de stimuli extérieurs : toux, contacts avec de l'eau.

Le traitement de l'incontinence urinaire est d'abord préventif et doit s'envisager dès le premier accouchement. La pratique de l'épisiotomie a considérablement diminué les incontinences urinaires. De plus, la rééducation des muscles du périnée dans les mois qui suivent l'accouchement, permet de corriger, de façon très appréciable, les lésions minimes des muscles de soutènement vésical. La rééducation périnéale est recommandée dès les premières manifestations de l'incontinence urinaire, avec un kinésithérapeute spécialisé. Elle consiste en un véritable apprentissage du corps : régulation de la vessie, ressentir les contractions du releveur, apprendre à mieux le contracter et au bon moment. Les traitements médicaux ont, soit une action locale au niveau de la vessie afin de diminuer l'excitabilité vésicale, soit une action au niveau central (antidépresseurs). La ménopause étant un facteur aggravant de l'incontinence urinaire, le traitement hormonal de celle-ci entre dans le cadre des traitements médicaux des incontinences urinaires. Les traitements chirurgicaux consistent à "remonter" la vessie. Ils peuvent être limités à la vessie quand celle-ci est le seul organe intéressé. Le traitement d'un prolapsus pourra être réalisé soit par ouverture du ventre (laparotomie), soit le plus souvent par les voies naturelles (vaginales). L'ensemble de ces différents traitements, rééducation médicale et chirurgie, donne 90 % de bons résultats.

Initialement publié le 10/04/2002 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19071" hreflang="fr">Dr Sylvie Coulomb</a> le 24/11/2008 - 01h00 guide familial des maladies publié sous la direction du dr andré h. dandavino - copyright rogers média, 2001
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