Herpès génital

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L'herpès se manifeste d'abord par une première poussée appelée épisode initial et, parfois, par des récidives. Il arrive que la première poussée d'herpès soit annoncée dans les heures précédentes par des symptômes vagues rappelant ceux d'une grippe légère, comme de la fièvre, des douleurs musculaires et un mal de tête.

Épisode initial

  • apparition de lésions souvent très douloureuses et brûlantes sur la vulve, le pénis, autour de l'anus ou sur les fesses ;
  • lésions qui prennent la forme de petites cloques d'eau ou d'ampoules, de petites boules de pus ou encore de plaies ;
  • douleur en urinant ;
  • guérison des plaies en deux ou trois semaines si elles ne sont pas traitées.
Poussées suivantes ou récidives
  • durée habituellement plus brève que l'épisode initial, ne dépassant pas sept jours ;
  • beaucoup moins symptomatiques que l'épisode initial ;
  • se manifestent d'abord par de la douleur ou des élancements dans une fesse ou à l'arrière d'une cuisse (le long du nerf infecté par le virus de l'herpès), puis les lésions douloureuses apparaissent dans les heures qui suivent ou le lendemain ;
  • peuvent aussi s'accompagner, dans de rares cas, de symptômes rappelant une grippe légère et d'autres symptômes comme de la douleur en urinant et des écoulements.

  • Relation sexuelle non protégée avec un partenaire porteur. L'herpès génital est souvent transmis au cours d'une relation sexuelle non protégée avec un partenaire qui ignore qu'il est porteur, ou encore qui sait qu'il est porteur mais qui, ne démontrant pas de signes de la maladie, pense ne pas être dans une période contagieuse. Or, pour un porteur, le risque de transmettre le virus existe même en l'absence de signes ou de symptômes.
  • Contact oro-génital. Le virus peut aussi être contracté lorsque la bouche entre en contact avec les organes génitaux. Le virus de l'herpès génital (VHS-2) appartient à la même famille de virus que celui qui cause l'herpès labial ou les feux sauvages (VHS-1). En d'autres mots, une personne pratiquant une relation oro-génital sur un partenaire porteur du virus de l'herpès génital peut contracter l'herpès à la bouche. Le risque est faible mais il existe. Par ailleurs, une personne porteuse du virus de l'herpès labial qui pratique le sexe oral risque très fortement de transmettre l'herpès, en l'occurrence l'herpès génital, à son partenaire.

  • Voir un médecin dès l'apparition des lésions. Ce faisant, vous permettez au médecin de prélever du liquide dans les lésions. Ce test permet au médecin de confirmer ou d'infirmer un diagnostic d'herpès génital. Quand les lésions s'assèchent, quelques jours après leur apparition, il est trop tard pour procéder à ce prélèvement. Par conséquent, le diagnostic du médecin pourrait être moins exact. De plus, si vous consultez tôt, le médecin peut vous donner un traitement qui raccourcit la durée de la crise.
  • Prendre des bains chauds. Après avoir pris un bain, séchez délicatement les parties atteintes avec une serviette douce et propre ou utilisez un séchoir à cheveux réglé à la température minimale. Pour éviter de répandre l'infection, ne séchez aucune autre partie de votre corps avec la même serviette. Garder votre corps sec et propre soulage la douleur et accélère la guérison des lésions.
  • Ne pas appliquer de crème sur les lésions. Contrairement à l'herpès labial qui se traite à l'aide de crème antivirale, il faut savoir que les crèmes de cortisone, d'antiviraux ou antibiotiques vendues librement en pharmacie ne sont d'aucune utilité dans le traitement de l'herpès génital, et elles coûtent cher à la longue. En outre, celles qui contiennent de la cortisone peuvent ralentir la cicatrisation des lésions.
  • Toujours utiliser des préservatifs. Rappelez-vous que, pour un porteur, le risque de transmettre le virus existe même en l'absence de signes ou de symptômes. C'est ce qu'on appelle l'excrétion asymptomatique. Si l'on veut réduire au minimum le risque de contracter ou de transmettre l'herpès génital, il est souhaitable de se protéger et de toujours utiliser le préservatif. Pour une femme porteuse d'herpès, le préservatif traditionnel seul ne suffit pas à assurer une protection totale, des lésions pouvant être localisées à des endroits non protégés, comme le pourtour de la vulve. Les médecins recommandent l'utilisation du "préservatif féminin". Il s'agit d'un petit sachet à insérer dans le vagin et dont les rebords recouvrent bien la vulve. Les préservatifs féminins sont disponibles en pharmacie et dans certaines boutiques spécialisées dans la vente de préservatifs.
  • Recourir à l'abstinence. Il serait sûrement plus prudent de vous abstenir de toute activité sexuelle quand vous ressentez les symptômes annonciateurs d'un épisode d'herpès, pendant que les lésions sont présentes et quelques jours après leur disparition.
  • Informer les anciens partenaires. Si le diagnostic d'herpès génital (ou de toute autre MST) est confirmé, il est important que vos partenaires sexuels précédents soient mis au courant. Encouragez-les à consulter un médecin eux aussi et à se faire traiter le cas échéant.
  • Ne pas crier trop tôt à l'infidélité. Si vous ou votre partenaire montrez des symptômes d'herpès, il n'est pas dit que l'un de vous a été infidèle. Il se peut que vous ayez contracté l'infection bien avant que vous ayez fait connaissance, mais que les symptômes ne soient apparus que récemment. L'herpès génital est l'exemple parfait d'une MST pouvant survenir dans un couple stable et fidèle. Le virus peut dormir pendant des années avant de se réactiver et d'être finalement diagnostiqué.
  • Prendre soin de soi. Les personnes atteintes d'herpès soulignent que la tension au travail ou dans leurs relations interpersonnelles peut déclencher une poussée. Pour éviter que cela ne vous arrive, essayez des méthodes de détente telles que la méditation, la respiration profonde, la relaxation, dormez suffisamment toutes les nuits, écoutez de la musique relaxante, faites de l'exercice et prenez vos médicaments comme votre médecin vous les a prescrits. Même si rien de tout cela ne guérit l'herpès, vous réussirez peut-être à réduire le nombre et la gravité des poussées.
  • Ne pas se laisser submerger par la honte ou la déprime. Si vous êtes sujet à des poussées d'herpès répétées, il se peut que vous vous sentiez mal dans votre peau, que votre estime de soi en prenne un coup, que vous vous sentiez même déprimé, parce que vous devez supporter des malaises et que, de surcroît, vous craignez de transmettre la maladie. Votre état est compréhensible mais il ne faut pas vous y enfoncer. Des lignes téléphoniques accessibles en tout temps pour les personnes aux prises avec l'herpès sont aussi à votre disposition. N'hésitez pas à y recourir si vous en ressentez le besoin. Vous pouvez aussi obtenir du soutien auprès d'un psychologue, d'un sexologue ou d'un médecin. Gardez en tête que des millions de gens vivent une vie normale en dépit de leurs poussées d'herpès génital.

  • Vous remarquez que des petites cloques ou des plaies apparaissent aux organes génitaux, à l'anus ou sur une fesse.
  • Les lésions resurgissent toujours au même endroit.
  • Vous éprouvez des douleurs et des élancements dans une fesse ou derrière une cuisse, annonçant l'apparition prochaine de lésions.

Le médecin procède à un interrogatoire ainsi qu'à un examen clinique des organes génitaux. Il peut confirmer son diagnostic clinique en prélevant un échantillon du liquide contenu dans les lésions à l'aide d'une tige (un long coton-tige). Idéalement, ce prélèvement doit être réalisé dès les premiers jours d'une poussée, alors que les lésions sont encore au stade de petites cloques humides.

Les symptômes d'herpès génital finissent par disparaître, même sans traitement, mais ce n'est pas le cas du virus. Celui-ci reste inactif dans l'organisme toute la vie. Bien que l'herpès soit une maladie qui ne se guérisse pas, il existe heureusement des traitements qui raccourcissent les crises ou les empêchent de se déclencher. Pour ce faire, le médecin prescrit un médicament antiviral en comprimés (Acyclovir, Famciclovir ou Valacyclovir). Aux personnes affligées d'épisodes d'herpès fréquents, il peut recommander un traitement dit "suppressif", c'est-à-dire un antiviral en comprimés à prendre chaque jour pendant plusieurs mois. Dans 80 % des cas, il élimine complètement les récidives.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19335" hreflang="fr">Dr Marc Steben, Omnipraticien, Centre Hospitalier de l'Université de Montréal</a> le 06/09/2001 - 02h00 Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
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