Hépatite B

En France, plus de 900.000 sujets ont été infectés et le nombre de nouveaux cas est estimé entre 3.000 et 6.000 par an. Si elle passe le plus souvent inaperçue et guérit dans la majorité des cas, l'hépatite B reste grave par les complications qu'elle peut entraîner : hépatite fulminante, hépatite chronique avec risque de cirrhose et de cancer du foie. Les traitements actuels n'étant que partiellement efficaces, la prévention est essentielle, notamment chez les populations à risque.

Le virus de l'hépatite B (VHB) qui se transmet par le sang, les sécrétions génitales (sperme, sécrétions vaginales) et la salive. La transmission de l'infection peut se faire de la mère à l'enfant (au moment de l'accouchement), par voie sexuelle de personne à personne ou encore par le sang. Les sujets particulièrement à risque sont le personnel de santé, les hémophiles, les toxicomanes, les adeptes du tatouage et du piercing. La toxicomanie par voie veineuse représente aujourd'hui l'un des modes principaux de transmission du VHB.

Utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel. Avoir son propre matériel de toilette (brosse à dents, peigne, ciseaux à ongles, rasoir, etc.) en cas d'atteinte par l'hépatite B.

  • Symptômes suspects : fatigue persistante, coloration jaune des conjonctives, démangeaisons inexpliquées, polyarthralgies (douleurs articulaires multiples).
  • Hépatite fulminante. Rare (environ 1 % des formes symptomatiques), il s'agit d'une forme très grave de l'hépatite aiguë, mettant en jeu le pronostic vital.
  • Examen systématique : check-up, surveillance de personnes exposées au risque d'hépatite.

  • L'examen clinique étant le plus souvent négatif, le diagnostic de l'infection par le VHB repose sur les examens sanguins.
  • L'augmentation des transaminases ("ASAT" et "ALAT") et des phosphatases alcalines (enzymes hépatiques) sont des signes de destruction des cellules du foie.
  • L'augmentation du nombre des lymphocytes (cellules sanguines de la lignée blanche) oriente vers une origine virale.
  • Le sérodiagnostic permet d'identifier le virus responsable. On recherche la présence de l'antigène HBS ; sa disparition permettra d'ailleurs d'affirmer la guérison.
  • Les anticorps, correspondant aux défenses de l'organisme, peuvent également être recherchés pour déterminer si l'infection est récente (anticorps anti HbC de type IgM) ou ancienne (anticorps anti HbC de type IgG).
  • Si les signes biologiques d'hépatite persistent au-delà de six mois (élévation des transaminases, persistance de l'antigène HBS), on parle alors d'hépatite chronique et il faut procéder à une ponction-biopsie du foie pour en préciser l'agressivité et adapter le traitement.

Dans les hépatites chroniques peu actives : on surveille à l'aide de prises de sang (transaminases, recherche périodique du virus), en évitant alcool et médicaments risquant d'être toxiques pour le foie ou transformés par lui. Dans l'hépatite B agressive, un traitement spécifique avec interféron et ribavirine aboutit à 30 à 40 % de réussite, sachant qu'il y a des bons et des mauvais répondeurs que l'on sait maintenant définir à l'avance afin d'adapter le traitement. En cas d'échec de l'association interféron-ribavirine, on utilise alors des antiviraux comme l'adénise-arabinoside ou la lamivuline. Chez les personnes ayant développé une hépatite chronique et dont les fonctions hépatiques sont détériorées avec un foie présentant une fibrose, on est parfois obligé de recourir à la greffe de foie. Dans les formes fulminantes, le traitement se fait en service de réanimation, en raison de l'insuffisance hépatique aiguë, avec parfois greffe de foie. Les traitements actuels de l'hépatite chronique B étant coûteux et seulement partiellement efficaces, la prévention constitue le seul moyen efficace de lutter contre l'hépatite B. Elle consiste en la prévention des infections nosocomiales, le dépistage systématique dans certaines populations (femmes enceintes, donneurs de sang, personnels de santé), la sensibilisation des groupes à risque (homosexuels, toxicomanes, sujets à partenaires sexuels multiples, voyageurs...), et bien sûr, la vaccination ! Celle-ci est efficace à 100 % et remboursée à 65 % par la Sécurité Sociale. Le vaccin est dirigé uniquement contre le VHB et ne protège pas contre les autres hépatites. Il est obligatoire chez les professionnels de santé et recommandé chez les sujets à risque ainsi que chez les nouveau-nés de mères porteuses de l'HBS. Le schéma de vaccination est de trois injections à 0, 1 et 6 mois (le délai recommandé entre la première et la deuxième injection est d'un mois, celui entre la deuxième et la troisième injection de 5 à 12 mois). Certains effets secondaires liés à cette vaccination ont été fortement médiatisés : il s'agit de cas de sclérose en plaques et autres affections démyélinisantes signalées dans les suites d'une vaccination contre l'hépatite B. Les autorités de santé publique (Afssaps, Agence du Médicament, Ministère de la Santé) ont initié des enquêtes de pharmacovigilance et des études épidémiologiques. Parmi les dix études françaises ou internationales effectuées à ce jour, aucune n'a montré un résultat statistiquement significatif en faveur d'une responsabilité de la vaccination contre l'hépatite B dans la survenue d'affections démyélinisantes. Il est également à noter que l'Académie des Sciences américaine, réunie le 30 mai 2002, a rejeté l'hypothèse d'une relation causale entre l'administration du vaccin contre l'hépatite B chez l'adulte et la survenue de sclérose en plaques. Les bénéfices de la vaccination ne sont donc pas remis en cause et elle reste actuellement le meilleur moyen de lutte contre l'hépatite B.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19071" hreflang="fr">Dr Sylvie Coulomb</a> le 18/12/2002 - 01h00 Claude Eugène. Les hépatites virales. Masson, 2001. Hépatite B chronique. New England Journal of Medicine, 2002 ; 346, 22 : 1683-1692. Communiqué de presse de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS). Vaccination contre l'hépatite B. 14 novembre 2002.
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