Hallucinations

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L'hallucination se produit lorsque le cerveau n'est plus capable de saisir et d'interpréter correctement les sensations provenant du milieu extérieur. Mais le sujet ne se rend pas toujours compte que ce qu'elle voit ou entend est irréel. Elle n'est donc pas capable de critiquer ses hallucinations ni de les mettre en doute. Par conséquent, elle n'ira pas nécessairement voir le médecin.

Mis à part les phénomènes hallucinatoires dits "normaux" qui surviennent lorsque le cerveau s'endort ou s'éveille (par exemple, avoir une vision fugitive juste avant l'endormissement ou bien se réveiller la nuit en sursaut, certain d'avoir entendu la sonnerie du téléphone), les autres genres d'hallucinations doivent être considérés comme anormaux et requièrent une consultation médicale.

Même si les causes d'hallucinations sont multiples, elles peuvent se regrouper en trois grandes catégories : les hallucinations liées à des problèmes de santé mentale, les hallucinations liées à des troubles organiques et les hallucinations liées à la prise de drogues, d'alcool ou de médicaments.

  • Problèmes de santé mentale. La schizophrénie, la dépression majeure, un choc émotionnel profond (deuil) et la manie (excitation pathologique qui se manifeste, entre autres, par des idées de grandeur, par le besoin de dépenser excessivement...) sont les principaux désordres psychologiques qui peuvent causer des hallucinations. Il y a aussi les démences telles que la maladie d'Alzheimer.
  • Troubles organiques. Diverses affections organiques, comme la cataracte, le glaucome, les tumeurs au cerveau, l'épilepsie, l'insuffisance rénale, le surmenage, la diminution de l'ouïe, ainsi que la déshydratation grave (le fameux mirage de l'oasis dans le désert !) peuvent entraîner une altération des sens.
  • Drogues et alcool. La prise de certaines drogues (LSD, cocaïne, marijuana, champignons hallucinogènes) peut amener des hallucinations passagères. La consommation invétérée d'alcool ou de drogues risque aussi d'entraîner des hallucinations chroniques, qui surviennent même lorsque l'effet des substances s'est dissipé.
  • Médicaments. Plusieurs médicaments - antihistaminiques, antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques - peuvent causer des hallucinations, surtout si la dose est excessive ou s'ils sont pris avec d'autres médicaments ou avec de l'alcool.

  • Consulter le médecin. Libérez-vous de la gêne et confiez au médecin que vous avez des hallucinations. Il en recherchera les causes.
  • Demeurer attentif. Si vous croyez qu'un de vos proches souffre d'hallucinations, dépistez les attitudes bizarres : observer ou écouter quelque chose dans le vide, parler à un interlocuteur invisible, etc. Si vous avez des doutes, posez-lui directement la question. Vous pouvez aussi lui suggérer d'aller voir le médecin et n'hésitez surtout pas à l'accompagner. De lui-même, il ne se rend pas forcément compte de ce qu'il se passe.
  • Chercher de l'aide. Plusieurs associations viennent en aide aux personnes atteintes d'une maladie mentale, d'une démence ou de toxicomanie. Elles vous fourniront informations, conseils et soutien.
  • Ne pas écouter les "voix". Parfois les hallucinations auditives ont un caractère impératif : des voix suggèrent et même ordonnent d'accomplir des gestes, par exemple, d'ouvrir une porte, d'aller au sous-sol ou encore de téléphoner à quelqu'un. Mais les "ordres" peuvent prendre une allure plus grave. Ils peuvent dicter à la personne de se suicider, d'attaquer quelqu'un, de mettre le feu, etc. Si l'un de vos proches vous confie qu'il entend des voix, informez-vous de la teneur des messages. Si les messages comportent des ordres de commettre des agressions sur soi ou sur autrui, il s'agit d'une urgence médicale. Cela est particulièrement important s'il s'agit d'un phénomène récent et que la personne n'a pas l'habitude de composer avec de tels messages et, surtout, d'y résister. Dans un tels cas, une consultation médicale dans les plus brefs délais est recommandée.

  • Vous voyez ou entendez des choses que les autres ne voient pas ou n'entendent pas.
  • Vos hallucinations ne disparaissent pas avec la fin de l'effet de l'alcool ou de la drogue.

Un examen physique et psychologique suffit parfois à découvrir la cause des hallucinations. Néanmoins, des examens complémentaires (comme un scanner cérébral) sont souvent requis afin de préciser le diagnostic.

Un traitement ne peut être suggéré qu'après identification du problème par le patient. Pour cela, le médecin lui donnera des outils afin qu'il soit capable de critiquer ses sensations irréelles, c'est-à-dire de les mettre en doute et, éventuellement, de les considérer comme des symptômes. Il s'agit là d'un élément important de l'intervention médicale.

  • Problème de santé mentale. Le médecin prescrira des médicaments qui traiteront la maladie initiale, atténuant ainsi les hallucinations.
  • Troubles organiques. Dans le cas d'une affection organique, il faut d'abord soigner la maladie responsable des hallucinations pour voir disparaître les perceptions anormales.
  • Drogues et alcool. Lorsque les hallucinations sont causées par la consommation de drogues ou d'alcool, il est recommandé de cesser de consommer ces substances. Selon l'importance de la dépendance, une cure de désintoxication sous supervision médicale peut être envisagée.
  • Médicaments. Le médecin pourra modifier la dose des médicaments ou les remplacer s'ils sont à l'origine des hallucinations.
Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19420" hreflang="fr">Dr Benoît Dassylva, Psychiatre, Institut Philippe-Pinel, Montréal</a> le 01/08/2005 - 02h00 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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