Notre genou dispose d'un équipement ligamentaire très astucieux sur le plan biomécanique mais assez peu résistant dans la pratique. Attention fragile!
Le genou se compose de deux ligaments croisés disposés de telle façon qu'ils s'enroulent l'un sur l'autre pour s'opposer aux mouvements du genou, en rotation notamment. Ce système tient dans la plupart des situations de la vie courante. Mais il lui arrive aussi de céder brutalement à l'effort. Cela survient en football, en rugby, en tennis, en ski, etc. Le plus souvent, on assiste alors à une déchirure du ligament croisé antéro-externe (ou LCAE) qui pose un vrai problème thérapeutique. Car, à la différence des autres ligaments de l'organisme, les ligaments croisés se nourrissent à partir de vaisseaux sanguins qui le parcourent de l'intérieur et qui donc se rompent en même temps qu'eux. Il arrive alors qu'après une immobilisation classique de deux mois dans le plâtre, on ne retrouve dans l'articulation que des moignons rétractés là où l'on espérait des ligaments consolidés.
Sur base de ce constat, les chirurgiens orthopédistes ont majoritairement abandonné l'idée d'attendre la cicatrisation naturelle et proposent d'emblée une reconstruction du LCAE avec un nouveau ligament fabriqué à partir de tissus prélevés ailleurs dans le corps. Cette ligamentoplastie a fait d'énormes progrès au cours des dernières années. Déjà on opère sous arthroscopie et les chroniques sportives ont banalisé ce geste. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre qu'un sportif, victime d'entorse au genou, sera opéré une semaine plus tard et qu'il rejouera dans six mois. Devenue relativement courante, l'intervention n'en reste pas moins extrêmement délicate. Pour passer le nouveau ligament, le chirurgien est obligé de creuser un tunnel dans le fémur. Tout se joue alors au millimètre près. Un degré d'orientation de plus ou de moins et le genou ne pourra plus se tendre ou se plier correctement. La pose du ligament nécessite aussi la plus grande précision. Trop long, il ne sert à rien. Trop court, il cassera à la première sollicitation.
Gilles Goetghebuer, journaliste santé
28/08/2007
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