Gare à la goutte!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 24/08/2004 - 00h00
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Dans l'esprit du grand public, la goutte articulaire apparaît souvent comme la maladie des bons vivants. On connaît les risques de manger sans limite. Mais on ignore souvent le rôle du sport.

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La goutte est une maladie dégénérative née d'une surcharge d'acide urique. Ses symptômes furent admirablement décrits par Honoré de Balzac dans "La Comédie Humaine". Comme le père Goriot, les plus menacés sont les hommes mûrs, amateurs de bonne chère: cuisseaux, pâtés, rôtis, etc. Il faut savoir que l'acide urique provient de la digestion des purines présentes dans les protéines animales. La substance passe ensuite dans le sang et là tout est question de concentration. En dessous de 70 milligrammes par litre, l'acide urique est majoritairement évacué par les urines. Au-delà de 70 mg/l, il arrive qu'il "précipite" et forme des petits cristaux à l'origine de terribles poussées inflammatoires. On parle communément de "crises de goutte" pour les douleurs de type articulaire. Mais les muscles aussi souffrent d'une accumulation d'acide urique: claquages, tendinites. Enfin, il faut craindre la formation de calculs rénaux ou urinaires. Chose curieuse: on trouve 4 à 5 fois plus de ces fameux calculs parmi les marathoniens que dans la population générale. Pourquoi?

Les mauvaises habitudes

L'explication de ce phénomène doit être recherchée dans la déshydratation qui caractérise souvent l'entraînement ou la compétition. Les concentrations sanguines d'acide urique augmentent ainsi à l'issue d'une longue sortie à vélo sous le soleil. La répétition d'efforts courts et intenses tire également ces taux vers le haut. On a enregistré d'impressionnantes poussées acides sur des sprinters en phase d'entraînement intensif. Dans des disciplines d'équipe comme le football ou le rugby, certains joueurs paient encore le prix d'une alimentation trop riche en protéines, trop pauvre en glucides ou trop arrosée lors des fameuses troisièmes mi-temps. Or, l'alcool favorise la déshydratation. Enfin, la prise préventive d'aspirine à l'effort contribue, elle aussi, à une augmentation du taux d'acide urique.

Que faire?

Pour remédier à cette situation, il faut d'abord prendre l'habitude de boire beaucoup d'eau. Le matin, avant de manger, deux grands verres (500 à 800 ml) constituent le meilleur remède pour une élimination rénale des déchets et la prévention des calculs. Ensuite, il faut surveiller son alimentation en tenant compte des apports en purines (voir ci-dessous) et en favorisant les fruits et légumes aux vertus anti-acides. L'entraînement lui-même sera adapté. Evitez par exemple d'enchaîner les séances dures à rythme trop rapproché. Surtout dans la chaleur!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 24/08/2004 - 00h00
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