Les femmes plus vulnérables aux effets de l’alcool que les hommes

Mise à jour par Hélène Joubert, journaliste santé le 13/12/2016 - 15h55
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La femme et l’alcool, souvent une histoire de dépression

Les femmes dissimulent plus volontiers - et de façon plus habile - leur consommation (excessive) d'alcool. Pour identifier les femmes alcoolodépendantes, en dehors d’un bilan biologique hépatique perturbé, il faut savoir que chez elles, la maladie se présente beaucoup plus souvent que chez les hommes sous la forme d’une dépression. Alors que la consommation d'alcool est la plus forte chez l'homme vers 18-19 ans, pour la femme c'est plutôt à l’âge adulte, autour de 27 ans, une fois qu’elle se trouve confrontée à des histoires de vie.

Le Dr Christine Joly constate cependant un progrès : « La parole des femmes se libère et elles se soignent un peu plus précocement qu’il y a dix ans. Les femmes boivent plus souvent de manière psychotrope, anxiolytique. C’est pourquoi il faut les questionner avec beaucoup de délicatesse : « Est-ce que l’alcool vous fait du bien, apaise vos angoisses ? ».

Alcoolisme : hommes ou femmes, les mêmes solutions pour s’en sortir

Toutes les thérapies pour se libérer de la dépendance à l’alcool sont proposées sans distinction hommes/femmes.

La prise en charge se fait à trois niveaux :

  • Socio-juridique (conséquences familiales, professionnelles etc.).
  • Psychologique (thérapies cognitivo-comportementales, thérapies systémiques avec les entretiens familiaux notamment et les thérapies analytiques-psychanalyse).
  • Médicale (afin de soigner les complications somatiques et d’éventuelles comorbidités psychiatriques).

Quant à l’effet anxiolytique et antidépresseur du baclofène (un relaxant musculaire) qui permet selon les témoignages une indifférence à l’alcool, il n’a à l’heure actuelle pas d’Autorisation de Mise sur le Marché dans le traitement de l’alcoolo-dépendance. Deux études contradictoires sont parues en 2016. Des divergences quant aux doses potentiellement efficaces utilisées dans ces essais alimentent la polémique. 

Initialement publié par Hélène Joubert, journaliste santé le 12/12/2016 - 11h58 et mis à jour par Hélène Joubert, journaliste santé le 13/12/2016 - 15h55

D’après des entretiens avec le Dr Christine Joly, chef du service d’Addictologie et Alcoologie au CH de Valence.

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