Fécondation in vitro : un embryon suffit !

Publié par Dr Philippe Presles, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 11/01/2005 - 00h00
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Les risques de la fécondation in vitro proviennent principalement de l'incidence élevée des naissances multiples. C'est pourquoi le nombre d'embryons transférés est généralement limité à deux. Et si on envisageait le transfert d'un seul embryon afin de diminuer encore le risque de grossesses multiples, que deviendrait alors le taux de succès de la FIV ?

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Afin d'amplifier les chances de succès de la fécondation in vitro (FIV), on transfère généralement plusieurs embryons. Or, cette facon de faire augmente le risque de grossesses multiples. C'est ainsi que la FIV s'accompagne d'un risque accru de prématurité et de décès périnatal.

Mais finalement, on peut se demander dans quelle proportion le succès d'une FIV serait affecté si on implantait un seul embryon au lieu des deux habituels.

Cette question a été examinée lors d'une étude portant sur des femmes candidates à la FIV, réparties en deux groupes pour recevoir soit un seul embryon (330 femmes), soit deux (331 femmes). Les résultats ont été analysés en termes de nombre de naissances. C'est ainsi qu'avec l'implantation de deux embryons, on a dénombré 142 naissances, contre 128 avec l'implantation d'un seul embryon. Les auteurs en concluent qu'avec le transfert d'un seul embryon, la réduction du taux de naissances ne dépasse pas les 11,6%.La différence entre un seul ou deux embryons est donc peu importante.

Mais si on ne raisonne plus en nombre de naissances (logiquement plus élevé en cas de transferts de plusieurs embryons) mais en nombre de grossesses (on peut supposer que beaucoup de femmes ayant recours à la FIV préfèreraient mener une grossesse simple et non gémellaire), le transfert d'un seul embryon semble préférable.En effet, dans cette étude, l'implantation de deux embryons a mené à 95 grossesses (dont 47 gémellaires), tandis qu'avec un seul embryon, le nombre de grossesses s'élève à 128, soit 35% de grossesses en plus.

Souhaitons que d'autres études viennent confirmer ce résultat, ce qui permettrait de donner le choix aux candidates à la FIV et de réduire les risques inhérents aux grossesses multiples.

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Publié par Dr Philippe Presles, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 11/01/2005 - 00h00 Thurin A. et coll., N. Engl. J. Med., 351 (23) : 2440-2442, 2004.
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