Euthanasie : légale mais sous contraintes

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 27/05/2002 - 00h00
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Depuis le 17 mai 2002, l'euthanasie est codifiée et légalisée pour certains cas en Belgique. Mais il reste encore de nombreuses zones d'ombre…

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Les Belges ont leur loi sur l'euthanasie à l'instar de leurs voisins des Pays-Bas ! La Chambre des représentants a, en effet, voté le projet de loi qui avait déjà passé la barrière du vote des sénateurs.

Toutefois, il serait faux de croire que tout est dit. L'opposition avait marqué son désaccord et soumis aux votes une centaine d'amendements. Tous ont été rejetés.Finalement après 16 heures de débat, la loi a été votée. Elle prévoit que :

  • Le médecin ne pourra pas être poursuivi pour une euthanasie si son patient est affligé d'une " souffrance physique ou psychique constante et insupportable " à la suite d'une " affection accidentelle ou pathologique incurable " et si ce patient se trouve dans une " situation médicale sans issue ".
  • Le patient doit être majeur et conscient.
  • La demande du patient doit être " formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée " dans un " testament de vie ". Elle ne peut pas être " le résultat d'une pression extérieure ".
  • Le médecin peut refuser d'accéder à la demande.
  • En acceptant la demande, il doit discuter à différentes reprises avec son patient et doit l'informer des possibilités de soins palliatifs.
  • Un second médecin, spécialisé dans le domaine concerné par la maladie du patient , doit confirmer le caractère incurable de la maladie ainsi que les difficultés, voire l'impossibilité, d'apaiser les douleurs physiques et/ou psychiques.
  • L'équipe soignante et l'entourage doivent être également consultés.
  • Dans le cas où il ne s'agit pas d'une mort imminente ou d'un patient en fin de vie, un délai d'au moins un mois devra séparer la demande de l'acte d'euthanasie.

La loi entrera en application dès sa parution prochaine au Moniteur. Toutefois, elle suscite des réactions dans le monde politique mais aussi chez les médecins. Par exemple, cette loi ne prévoit aucune sanction pour ceux qui ne respecteraient pas ces règles. Ceci dit, chaque cas devra être soumis à une commission d'évaluation pouvant avertir le Parquet. Par ailleurs, elle ne répond pas non plus à la douloureuse question des patients inconscients ou dans l'incapacité de s'exprimer et qui n'auraient pas laissé de " testament de vie ".

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 27/05/2002 - 00h00 Auteur : Pierre Dewaele
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