Être sportif et diabétique : les consignes alimentaires à connaître

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 26/07/2016 - 17h33
-A +A

Séances de running hebdomadaires, escalade ou natation, pour une personne diabétique être sportif n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Dans le diabète de type 1, le risque n°1 est l’hypoglycémie, lorsque l'effort physique n’a pas été programmé et qu’il se prolonge. Comme dans le diabète de type 2 sous insuline, il s’agit alors de gérer à la fois l’alimentation et les doses d’insuline. 

PUB

Sport et alimentation : les 5 règles dans le diabète de type 1

Le diabétique de type 1 sportif devrait connaître cinq règles sur la gestion du taux de sucre dans la sang (glycémie) lors d’un exercice physique prolongé. Celles-ci font appel à l’adaptation des doses d’insuline et de l’alimentation :

  • 1ère règle : Anticiper la séance de sport en baissant la dose d’insuline dite "rapide". Celle-ci doit être divisée de moitié, voire des deux-tiers si l’on est à moins de 10 unités d’insuline rapide, voire de s’en passer si l’on est à moins de 5-6 unités.
     
  • 2nde règle : Réaliser une glycémie avant de débuter l’exercice et, si celle-ci est inférieure à 1,20g/l, avaler une collation (équivalent à 15g de glucides voire à 20-30 g en fonction de la durée de l’exercice prévu) sous forme de boissons sucrées, de pâtes de fruit ou autres aliments glucidiques.
     
  • 3ème règle : Lorsque l’on n’a pas l’habitude de pratiquer ce type d’exercice, au-delà de 30 à 60 minutes, il est important de tester de nouveau sa glycémie. Si celle-ci est inférieure à 1,20g/l ou si l’on est à distance du prochain repas, une collation s’impose à nouveau (15g de glucides).
     
  • 4ème règle : Une fois l’exercice terminé, si la glycémie est inférieure à 1g/l il faut prévoir une collation (15g de glucides) si le prochain repas n’a pas lieu avant 1h.
     
  • 5ème règle : Généralement, on diminue la dose d’insuline qui suit l’exercice physique. Par exemple si celui-ci a lieu dans l’après-midi, ce sera la dose du soir c'est-à-dire l’insuline rapide chargée de contrôler la glycémie de la nuit (à diminuer de 10 à 30%, en moyenne puis à adapter en fonction des réponses individuelles).

Attention : la sensibilité des muscles à l’insuline augmente plusieurs heures après l’arrêt de l’exercice (d’où des besoins plus faibles en insuline puisqu’ils en « profitent » plus). Le sportif ne doit pas oublier de surveiller la glycémie du soir, même si l’exercice a eu lieu le matin.

Pour la Pr Martine Duclos, endocrinologue et physiologiste, chef du service de Médecine du Sport au CHU de Clermont-Ferrand : « Dans le diabète de type 1, l’idéal est de prévoir tout exercice physique prolongé (supérieur à 30 minutes-1 heure) afin de réduire la dose d’insuline qui précède.

Les diabétiques de type 1 qui font du sport de façon assez suivie sont en général sous pompe à insuline (appareil qui délivre automatiquement l’insuline), ce qui leur permet des ajustements de l’insuline en fonction de la glycémie beaucoup plus aisés qu’au moyen des injections. Ils peuvent la débrancher quelques heures (2 à 3 heures en général, mais parfois plus). Comparé au diabétique de type 2, le diabétique de type 1 est plus enclin à faire du sport de façon régulière et intense et presque tous les sports lui sont accessibles, sauf le parachutisme et les autres sports où l’hypoglycémie peut conduire à des accidents mortels. Du fait de la grande variabilité de la réponse glycémique en fonction du type d’exercices (aérobie, anaérobie), il faut mieux être suivi par un diabétologue spécialisé dans la pratique sportive ».

Le sport, peu risqué dans le diabète de type 2

Les médicaments donnés dans le diabète de type 2 sont multiples. Ce peut être une injection unique d’insuline chaque jour (insuline basale) ou des antidiabétiques par voie orale.

  • Généralement, la personne qui est diabétique de type 2 bien équilibrée (c’est-à-dire dont le taux de sucre dans le sang mesuré par un taux d’HBA1c se situe aux alentours de 6,5 à 7%), qui est sous insuline basale seule et qui souhaite pratiquer une activité physique prolongée n’est pas en réel danger hypoglycémique.

Baisser la dose d’insuline est inutile. La pratique d’une activité physique d’intensité modérée et régulière n’impose aucun changement particulier. Lorsque l’effort musculaire reste raisonnable, seules des supplémentations glucidiques modérées au cours de la période d’effort physique (10 à 15 g de glucides) s’avèrent utiles (toutes les heures).

Il est conseillé de diviser par deux la dose de sulfamides et de glinides quand un diabétique de type 2 pratique pour la première fois un exercice qui dure plus de 60 minutes. Les autres médicaments du diabète de type 2 ne posent pas de problème.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 26/07/2016 - 17h33

D’après un entretien avec le Pr Martine Duclos, endocrinologue et physiologiste, chef du service de Médecine du Sport au CHU de Clermont-Ferrand.

Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
Diabète de type 2 : l'insuline inhalée est efficace Mis à jour le 15/08/2006 - 00h00

L'équilibre glycémique est essentiel dans le traitement du diabète de type 2 non insulino-dépendant. En cas d'échec, si les antidiabétiques oraux s'avèrent insuffisants, il est nécessaire de recourir à des injections sous-cutanées d'insuline. Face à...

Contrôler soi-même son taux de sucre dans le sang Mis à jour le 17/06/2002 - 00h00

Le contrôle du sucre dans le sang est un élément essentiel de la prise en charge du diabète . La personne diabétique peut effectuer ce contrôle elle-même depuis un certain temps déjà. Aujourd'hui, cependant, ceci se fait avec moins de douleurs !

La glycémie, c’est quoi ? Publié le 13/08/2012 - 12h57

Le sucre est le carburant de notre organisme. Sous forme de glucose, il est véhiculé par le sang jusqu'aux différents organes. Son rôle: donner à nos cellules l’énergie nécessaire à leur fonctionnement. Pourquoi est-il important de surveiller le taux...

Plus d'articles