Engourdissement, paralysie, accident vasculaire cérébral (AVC)

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En général, il s'agit d'un phénomène transitoire et sans conséquences sérieuses. Il est néanmoins important de reconnaître les engourdissements qui ne sont pas bénins et qui annoncent une maladie grave, une paralysie ou un accident vasculaire cérébral (AVC).


Engourdissements de nature bénigne (exemples)

  • Choc subi sur le coude. Engourdissement pendant quelques minutes du coude, de l'avant-bras et parfois des deux derniers doigts de la main à la suite d'un traumatisme.
  • Compression temporaire d'un nerf ou d'une artère. Engourdissement d'un membre, par exemple, après être resté longtemps assis dans une mauvaise position ou après avoir travaillé longtemps les bras en l'air.
  • Hyperventilation (respiration trop rapide). Fourmillements diffus, mais localisés surtout aux lèvres et aux extrémités. Ce phénomène apparaît habituellement à la suite d'un exercice trop intense ou d'une crise d'anxiété. Certaines personnes font des accès d'hyperventilation à répétition, mais ce n'est pas dangereux.
Engourdissements sérieux traduisant une maladie
  • Habitude de conduite. Engourdissement constant de deux derniers doigts d'une main dû à l'habitude de conduire la voiture le coude appuyé sur le bord de la portière : à la longue, cela peut entraîner une paralysie de la main.
  • Syndrome du canal carpien. La main est engourdie et perd de sa force ; le sujet se réveille souvent la nuit à cause des engourdissements. Des mouvements répétitifs du poignet (les instruments de musique, le travail manuel répétitif et les claviers d'ordinateurs en sont souvent responsables, ainsi que l'obésité), ont pour effet de coincer et d'irriter le nerf médian qui passe dans le canal carpien (canal étroit situé dans le poignet).
  • Hernie discale. Affaissement du disque intervertébral et compression des racines nerveuses ou de la moelle épinière. cela cause de la douleur et peut produire des engourdissements dans les jambes ou au niveau des bras ou du pouce, selon l'emplacement de la hernie discale le long de la colonne vertébrale.
  • Arthrose vertébrale. L'usure des vertèbres affecte la moelle épinière ou les racines des nerfs.
  • Tumeur cérébrale. Elle frappe à tout âge et peut engourdir ou paralyser la région du côté opposé à la tumeur. Les engourdissements s'accompagnent souvent de troubles du langage et de la vision.
  • Tumeur de la moelle épinière. Elle engourdit ou paralyse la partie du corps située au-dessous de la tumeur.
  • Traumatismes. Des engourdissements ou une paralysie d'un ou de plusieurs membres sont causés par des lésions au niveau du cerveau ou de la moelle épinière à la suite d'un accident.
  • Polynévrite. Il s'agit d'une atteinte toxique de l'extrémité des nerfs des pieds ou des mains. Elle peut avoir plusieurs causes, notamment le diabète et l'alcoolisme. Elle est caractérisée par un engourdissement douloureux des pieds, qui remonte lentement le long des jambes avec les mois et les années.
  • Sclérose en plaques. De cause inconnue, elle est présente uniquement dans les pays industrialisés. C'est la cause de paralysie la plus fréquente parmi les maladies neurologiques chez les adultes de moins de 50 ans. Elle touche une personne sur 500, en majorité des femmes jeunes. Les engourdissements ou la paralysie frappent n'importe où, mais, le plus souvent, les symptômes progressent en quelques jours des pieds vers l'abdomen. La maladie évolue par poussées, entrecoupées de rémission.
  • Maladie de Guillain-Barré. Elle est caractérisée par des engourdissements et une paralysie remontant dans les jambes en quelques jours. Cette maladie rare peut faire suite à une infection, virale généralement.


Pour soulager un engourdissement bénin. En général, l'inconfort disparaît rapidement. En attendant, vous pouvez frotter la région engourdie et, au besoin, prendre un comprimé d'acétaminophène ou d'ibuprofène. Pour prévenir l'engourdissement :

  • habituez-vous à maintenir une bonne posture ;
  • ménagez votre dos et vos articulations ;
  • évitez de transporter (dans une poche arrière, par exemple) un objet, tel qu'un portefeuille, susceptible de comprimer le nerf sciatique ;
  • faites des pauses toutes les 30 à 60 minutes si vous devez effectuer des tâches répétitives sollicitant le poignet ;
  • alimentez-vous sainement et faites de l'exercice régulièrement, ce qui protège le coeur et le cerveau ;
  • faites dépister et traiter une éventuelle hypertension, un diabète ou une hypercholestérolémie.
Éviter l'obésité et toute forme de tabagisme. L'excès de cholestérol dans le premier cas et la nicotine dans le second ont pour effet de rétrécir le calibre des artères, ce qui constitue un facteur de risque.


  • Vous avez la moitié du corps engourdie.

  • Vous ressentez un engourdissement dans une partie du corps, qui dure de 5 à 20 minutes et n'est pas attribuable à une mauvaise posture.
  • Vous avez un côté du visage ou un bras engourdi.
  • L'engourdissement progresse lentement des pieds vers l'abdomen.
  • Vous éprouvez une perte subite du champ visuel latéral ou de la vue dans un oeil, avec ou sans troubles de la parole.


Le médecin prendra note des informations importantes et procédera à un examen physique afin de déterminer les causes de l'engourdissement ou de la paralysie. Les antécédents familiaux et les facteurs de risque sont de première importance, tout comme la durée, la fréquence et les circonstances de l'apparition des symptômes. Le médecin tentera de déterminer si le problème provient d'un nerf, de la moelle épinière ou du cerveau.
Pour déceler un problème au niveau des nerfs, deux examens peuvent s'imposer :

  • l'électromyogramme, examen qui consiste à administrer de petits chocs électriques aux doigts ou aux orteils pour évaluer la réaction ;
  • le test des "potentiels évoqués somesthésiques", auquel on a recours en cas de doute pour mesurer la durée de transmission de l'influx nerveux des extrémités jusqu'au cerveau.
Deux examens permettent d'identifier un problème au niveau de la moelle ou du cerveau :
  • la tomodensitométrie axiale assistée par ordinateur, mieux connue sous le nom de "scanner" ;
  • l'imagerie par résonance magnétique (examen encore plus poussé).

  • Syndrome du canal carpien. Le médecin pourra recommander de porter une éclisse pendant la nuit, pour garder la main et le poignet alignés. En dernier recours, une chirurgie est pratiquée au niveau du poignet. On coupera la matière fibreuse qui recouvre le nerf médian, ce qui rétablira sa circulation sanguine, soulageant ainsi la pression sur le nerf et les vaisseaux sanguins.
  • Hernie discale. Le repos et la physiothérapie sont les premiers traitements, mais la chirurgie est parfois nécessaire.
  • Arthrose vertébrale. La douleur est soulagée au moyen d'anti-inflammatoires et d'infiltrations locales de cortisone. On peut éviter les déformations par une bonne maîtrise de l'inflammation.
  • Tumeur de la moelle épinière. Si elle est indiquée, l'opération doit se faire rapidement.
  • Tumeur cérébrale. On opère dans 20 % des cas, soit pour faire une biopsie de la tumeur, soit pour enlever une partie de celle-ci sans que cela occasionne de séquelles majeures pour le patient. On complète le traitement par la radiothérapie, parfois par la chimiothérapie.
  • Traumatismes. Si le cas est opérable, il faut procéder dans les huit heures qui suivent l'accident : plus grandes sont alors les chances de rétablir l'influx nerveux et d'inverser la paralysie.
  • Polynévrite. Il faut maîtriser la cause du problème et, le cas échéant, traiter le diabète et l'alcoolisme. En effet si l'atteinte des nerfs est trop avancée, la gangrène peut se déclarer dans les extrémités, ce qui nécessite parfois l'amputation.
  • Sclérose en plaques. Il n'existe pas de traitement spécifique, mais de nouveaux médicaments permettent de mieux maîtriser les symptômes et l'évolution de la maladie.
  • Maladie de Guillain-Barré. Les patients sont hospitalisés. On peut faire des plasmaphérèses (un traitement où le sang est filtré dans un appareil pour retirer du corps les anticorps responsables de la maladie) ou administrer des immunoglobines par injection intraveineuse.
/*1268/L'accident vasculaire cérébral (AVC)/*/
Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19308" hreflang="fr">Dr Marc Girard, Neurologue, Centre Hospitalier de l'Université de Montréal</a> le 01/08/2005 - 02h00 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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Asticotte

Ma voisine a fait un AVC à la Noël. Elle a pu quitter l'hopital. Au cas où la chose se reproduirait, elle voudrait écrire une lettre où une autre dame et moi-même refuserions qu'elle ne termine son existence comme une plante rattachée à des machines. Ma demande est la suivante : que devrait-elle écrire exactement ? Merci d'avance de la suite que vous réserverez à cette "drôle" de question, j'en conviens.
Salutations distinguées.

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