L’endométriose profonde

Mise à jour par Isabelle Eustache le 21/03/2017 - 11h09
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L’endométriose se caractérise par le développement anormal de muqueuse d’endomètre en dehors de l’utérus. Au gré des variations hormonales, cette muqueuse s’épaissit puis saigne, pouvant selon sa localisation provoquer des douleurs et des lésions. Lorsque cette muqueuse se situe très en profondeur, infiltrant les muqueuses digestive ou urologique, on parle d’endométriose profonde, l'une des formes les plus graves.

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Pour bien comprendre l’endométriose

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. À chaque début de cycle, elle s’épaissit progressivement sous l’influence des hormones ostéogènes, afin d’être prête à recevoir l’œuf en cas de fécondation. En l’absence d’ovule fécondé, la muqueuse devenue inutile se rétracte, saigne et est évacuée avec les règles.

En cas d’endométriose, on trouve de l’endomètre en dehors de l’utérus, lequel suit la même évolution, pouvant endommager des organes qui sont alors gênés ou lésés par l’épaississement de la muqueuse, les saignements et sa non-élimination à chaque cycle.

On comprend ici que les symptômes de l’endométriose et ses conséquences sont directement liées à la localisation de l’endomètre et à son étendue.

Trois types d’endométriose ont été décrits :

  • l’endométriose superficielle péritonéale,
  • les kystes endométriosiques,
  • l’endométriose profonde.

Le cas de l’endométriose profonde

Dans l’endométriose profonde, les lésions pénètrent en profondeur dans l’espace rétro-péritonéal (le péritoine étant la membrane qui tapisse la paroi abdominale) ou dans la paroi des organes pelviens (vessie, rectum, vagin, ligaments utéro-sacrés...). Elle devient alors digestive lorsqu’elle infiltre la musculeuse digestive ou urologique lors d’une infiltration de la musculeuse vésicale ou urétérale. Plus les lésions d’endométriose sont situées en profondeur, plus les symptômes seront intenses.

Les symptômes de l’endométriose profonde sont surtout douloureux et à recrudescence menstruelle, souvent associée à une infertilité. Les autres signes cliniques, qui apparaissent eux aussi en fonction du cycle (période prémenstruelle), varient fortement avec la localisation des lésions, souvent multiples :

  • dysménorrhée,
  • dyspareunie profonde (douleurs lors des rapports sexuels),
  • douleur pelvienne chronique,
  • symptômes fonctionnels digestifs (diarrhée, constipation, douleurs lors de la défécation…) et/ou urinaires (douleurs ou brulures à la miction, difficultés à vider la vessie, présence de sang dans les urines…), etc.,
  • outre des risques d’infertilité, l’endométriose s’accompagne souvent d’une fatigue chronique.

En cas de douleurs et pour préserver la fertilité, un traitement est proposé, médical, mais surtout chirurgical. Il vise à retirer (exérèse) toutes les lésions d’endométriose en préservant si possible la fertilité, et idéalement par voie cœlioscopique. Le préalable requis est une localisation très précise de toutes les lésions par les techniques variées d’imagerie médicale aujourd’hui disponibles. 

Initialement publié par Isabelle Eustache le 17/03/2017 - 17h24 et mis à jour par Isabelle Eustache le 21/03/2017 - 11h09
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