En pratique : l’opération d’un grain de beauté

Mise à jour par Julie Luong, journaliste santé le 21/11/2016 - 13h42
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Pratiquée dans le cas d’une lésion suspecte et/ou gênante, l’exérèse d’un grain de beauté (nævus) est une opération qui s’effectue sous anesthésie locale. Si la cicatrisation varie en fonction de l’âge, de la localisation et de l’origine ethnique, certaines mesures – écran total, pansements et crèmes – permettent de laisser une trace la plus discrète possible.

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Dermatologue ou chirurgien plasticien pour opérer un grain de beauté

L’exérèse des grains de beauté (nævus) peut être réalisée dans deux situations : soit lorsque le dermatologue décèle une lésion inquiétante, potentiellement maligne ; soit lorsque le grain de beauté est considéré comme esthétiquement ou pratiquement gênant par le patient en raison de sa taille et/ou de sa localisation. « Aujourd’hui, on ne pratique plus des ablations de pure précaution comme cela a beaucoup été fait par le passé. Le risque qu’un grain de beauté dégénère en mélanome est en effet très faible. La plupart des lésions malignes apparaissent en fait là où il n’y avait rien avant », précise le Dr Isabelle Tromme, dermatologue à la Clinique du mélanome de Saint-Luc.

L’opération d’un nævus ne nécessite pas d’hospitalisation. Elle est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locale. La zone retirée est en général étendue à un 1 millimètre autour de la lésion. En fonction des risques cicatriciels, l’intervention est réalisée par un(e) dermatologue ou un chirurgien plasticien, qui peut prendre en charge des lésions plus étendues ou situées sur des zones plus exposées comme le visage, le cou ou le décolleté.

Analyser le grain de beauté après une opération

L’ablation d’un grain de beauté suspect a pour but premier l’analyse anatomo-pathologique de la lésion : après l’intervention, le prélèvement est envoyé au laboratoire pour un examen au microscope. Si l’analyse révèle la présence de cellules malignes, une deuxième exérèse plus large est réalisée, éventuellement jusqu’au « ganglion sentinelle », premier relais de propagation des cellules tumorales. « Il arrive encore que certaines personnes se fassent brûler ou enlever des grains de beauté au laser. Cela est tout à fait déconseillé car, dans ce cas, on n’a pas de pièce à analyser et on ne peut pas savoir si la lésion était ou non maligne », explique le Dr Isabelle Tromme. Même si les cellules malignes ont toutes été enlevées grâce à l’exérèse, le patient devra faire l’objet d’un suivi annuel, à vie. « Une personne qui a eu un mélanome est plus à risque d’en faire un deuxième, à un autre endroit », poursuit la spécialiste.

Initialement publié par Julie Luong, journaliste santé le 21/11/2016 - 13h42 et mis à jour par Julie Luong, journaliste santé le 21/11/2016 - 13h42
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