L'éloge de la transpiration

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 23/09/2003 - 00h00
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Beaucoup de gens considèrent que le fait de transpirer beaucoup à l'effort dénote un manque de condition physique. Ils ont totalement tort! Explications.

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Dès les années 60, des recherches ont été entamées pour étudier la déshydratation comme facteur limitant de la performance, mais aussi pour prévenir les accidents liés à une "surchauffe" de l'organisme que l'on appelle "hyperthermie". Ainsi, lors de travaux en laboratoires, les chercheurs ont estimé le rendement du "moteur" humain autour de 20-25%, le solde de l'énergie produite (soit 75 à 80%) se libérant sous forme de chaleur. Sachant qu'une production de 50 kilocalories suffit à élever la température d'un degré environ, ils ont calculé que, sans moyen de refroidissement, la température d'un coureur à pied s'élèverait d'un degré toutes les deux ou trois minutes d'effort; au bout d'une heure, le corps dépasserait les 55 degrés... ce qui est bien sûr intolérable! En général, le décès survient dès que l'on franchit la barre des 43-44 degrés.

Refroidissement par eau

Heureusement, le corps dispose de plusieurs moyens pour évacuer cette chaleur excédentaire, notamment par la transpiration. Ainsi le fait de suer beaucoup témoigne d'une bonne adaptation de l'organisme au stress. De nombreuses études ont permis de constater qu'un sujet bien entraîné commence à transpirer par une température interne voisine de 37°2, tandis que, chez un sujet en mauvaise condition physique, la sudation débute plus tard, vers 37°7. Mais, tout en étant le meilleur moyen de refroidissement de l'organisme, la sueur s'effectue aux dépens de nos réserves d'eau. Dans les conditions extrêmes - température élevée, vent fort ou humidité relative élevée - la transpiration peut atteindre jusqu'à 3 litres par heure d'exercice. Certains footballeurs perdent ainsi 4 litres après un match disputé sous le soleil. Lors des marathons particulièrement torrides, on enregistre aussi des pertes de poids de 4 à 5 litres. Et on a même décrit un déficit de 12 litres par jour chez les soldats en exercice au Sahara.

Sans eau, pas de jus!

Malheureusement, plus on perd de l'eau, plus la capacité physique diminue. Ainsi, une perte de liquide de 2% par rapport au poids du corps (1,5 litre pour un sujet de 70 kg) réduit la capacité physique d'environ 20%. Lorsque la déshydratation atteint 4% du poids corporel, le handicap équivaut à 40%. Cela s'explique par la réduction du volume sanguin et donc une diminution du débit cardiaque et de la tension artérielle. Moins de sang parvient aux muscles, ce qui limite leur capacité de travail. L'athlète se sent faible et fatigué. En même temps, la fréquence cardiaque augmente anormalement. Si l'effort se poursuit, toujours sans boire, la température corporelle risque de dériver dangereusement vers le haut. Méfiance donc lorsque vous constatez des symptômes comme une peau soudainement sèche, un cŒur qui bat trop vite, une perte de vigilance. Il peut s'agir d'un coup de chaleur qui peut évoluer assez vite en syncope, voire même en décès! Pour éviter d'en arriver là, il faut boire d'urgence et se reposer à l'ombre. Il sera bien temps plus tard de penser aux exploits.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 23/09/2003 - 00h00
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